Cette focaccia est délicieuse… mais elle n’est pas très belle.
Cela dit, si l’on ne la photographie que d’un seul côté, elle pourrait même paraître magnifique. C’est la réalité modifiable des réseaux sociaux : ces photos qui semblent parfaites, mais il suffit de voir l’autre côté pour comprendre immédiatement qu’elles ne le sont pas tant que ça. Je publie tout de même cette focaccia, mais sans mentir : je vous montre aussi le verso, qui n’est pas très flatteur, mais elle est tellement bonne qu’elle ne mérite pas de finir dans la corbeille des photos de choses que j’ai photographiées mais qui, une fois goûtées, ne méritent pas de figurer sur le blog.
Il y a quelques jours, Justin, du blog « Un coup de foudre », (un des blogs que je lis régulièrement, très drôle et plein de curiosités sur la langue française, cette inconnue), m’a aidée à élucider un mystère qui durait depuis quelques semaines… Après des années sans aucune visite en provenance de Chine, soudain, un quart des visites sur le blog proviennent de ce pays. Tiens, le blog a été tout d’un coup découvert dans ce pays? Oh je suis flattée! En fait non, il s’agit en réalité de bots qui consultent les contenus occidentaux… Pourquoi ? Pour alimenter des intelligences artificielles avec des photos et du contenu. Je trouve assez répugnante cette appropriation de créations originales sans que l’on puisse y faire quoi que ce soit. Non, une chose que l’on pourrait faire serait de supprimer d’un seul coup tout le blog ou de le retirer du réseau ; cela ne réparerait pas le passé, déjà aspiré par les bots, mais seulement l’avenir. Seulement, j’aurais l’impression de perdre un petit bout de ma vie que je raconte depuis tant d’années sur ces pages. Même Pinterest, qui était un univers de beauté et de poésie photographique, est lui aussi devenu le royaume des photos culinaires générées par l’IA, trop colorées, irréalistes et parfaites selon les cas, accompagnées immanquablement de recettes erronées, fantasistes ou inexistantes.
C’est horrible, car j’ai toujours été favorable au progrès, aux nouvelles technologies ; j’ai toujours été enthousiaste face aux découvertes et aux nouvelles possibilités. Et pourtant, je me surprends aujourd’hui à regretter les débuts du blogging, quand tout était plus artisanal, imparfait, simple. C’est pourquoi, alors que j’étais sur le point de jeter les photos de cette focaccia à la scarole, bonne mais peu esthétique, je me suis dit que les publier constituait un petit acte de résistance face à l’obligation d’une esthétique uniforme et aplatie imposée par l’IA, et que publier tout ce qui est imparfait devient une façon de se moquer et de se rebeller contre la nécessité de lisser, de nettoyer, dans un monde qui devient ennuyeux et plat. Publier les ratés, les faillites, les choses imparfaites, celles qu’on aurait caché…pourquoi pas? Pour se moquer et sortir de ce début d’esclavage qui promet de devenir encore plus fort…
J’ai envie aussi que de revenir à mes billets non « DeepL » (je n’utilise pas de l’IA pour écrire mais pour corriger oui pour éviter l » « mal aux yeux » de mes fautes) de revenir donc à mes introductions pleines de fautes d’orthographe, de phrases décousues, moitié en italien et moitié en français, de genres masculins et féminins peu clairs, de conjugaisons incertaines. Car même les erreurs commencent à avoir le gout de la liberté…J’y réfléchirai…
Ingrédients (8 personnes)
Pour la pâte
- 250 grammes de farine Manitoba
- 50 grammes de farine de semoule
- 7 grammes de levure fraiche
- 1 cuillère à café de miel
- 220 grammes d’eau
- 70 grammes de patate à la vapeur refroidie
- 10 grammes de sel
- 3 cuillères à café d’huile vierge extra
Pour la farce
- 1 salade de type « scarola »
- 4 petits oignons nouveaux
- Une scamorza
- 1 gousse d’ail
- 2 anchois
- une poignée de capres
- une poignée d’olives vertes denoyautées
- 1 cuillère à soupe de raisin sec
- 1 cuillère à soupe de pignons de pins
- quelques tomates séchées hachées
- 3 cuillères à soupe d’huile d’olive vierge extra
- Préparer la farce. Dans une grande poile mettre dans le fond l’huile d’olive, chauffer et commencer à faire revenir l’ail, les oignons coupés en lamelles fines. Ajouter tous les autres ingrédients, laisser revenir environ 20 minutes jusqu’à quand l’eau est bien absorbée. La farce ne doit pas être trop mouillée à risque de dissoudre la pâte.
- Laisser refroidir, éventuellement en pressant un peu pour enlever l’excès d’eau. Réserver.
- Préparer la pâte. Dans un bol réunir les deux farines et la pomme de terre bien écrasée. Bien mélanger. Ajouter l’eau, dans laquelle vous aurez fait dissoudre la levure, l’huile d’olive, le miel, par petites quantités. La quantité d’eau peut varier selon le type de farine utilisé et sa capacité à absorber l’eau. Bien mélanger et quand vous avez bien fait absorber la farine ajoutez le sel. Travailler jusqu’à quand vous aurez obtenus une boule un peu humide. Prenez là avec les mains mouillées d’huile d’olive et déposez la dans un bol. Laissez passer 20 minutes et reprenez la pâte en la renversant sur le plan de travail et en faisant des plies (comme pour une pâte feuilletée, en portefeuille) pour trois fois, à distance de 30 minutes chacune.
- Laissez redoubler et quand la pâte a fini sa pousse reprenez la et baissez la sur un plan bien fariné, en un rectangle d’environ 40×30 sur une hauteur d’un centimètre.
- Couvrir toute la surface avec la poêlé de scarole qui devrait avoir froidi. Normalement la scamorza ou mozzarella il faut la mettre dedans, je l’ai oubliée et j’ai donc recouvert ma focaccia roulée avec la scamorza, je trouve que c’est une bonne idée! mais si vous voulez faire classique mettez la dedans plutôt.
- Rouler délicatement la pate pour former un gros saucisson. Rouler le saucisson autour d’un moule à savarin.
- Laisser cuire dans le four chaud (180°) pendant une quarantaine de minutes. Si vous décidez de mettre la scamorza dehors ajoutez la quand il y manquent environ 10 minutes à la fin de la cuisson.
- Laisser refroidir sur une grille et déguster. Le jour suivant la focaccia roulée est encore meilleure!












