Cerfeuil tubéreux au four

Il n’y aura pas des grandes explications à cette recette, très facile, dont la particularité réside dans le type particulier de légume racine qui en est le protagoniste, le cerfeuil bulbeux. Une racine que j’adore, présente sur le marché peu fréquemment malheureusement, et qui s’adapte splendidement, seule ou avec d’autres racines, pour être rôtie et pour accompagner des viandes savoureuses, du gibier, mais aussi de gros poissons. Juste un peu fastidieux le nettoyage, chaque racine est à bien passer avec une brosse pour légumes aux poils bien rigides, pour enlever la terre qui s’arrête entre les plis. Sa saveur sucrée avec une pointe de noisette, saura vous récompenser de la fatigue du nettoyage!

Ingrédients (pour 4 personnes)

    • 300 grammes de cerfeuil tubéreux 
    • 2 panais moyens
    • Feuilles de sauge
    • Huile d’olive vierge extra 
    • Sel et poivre
  1. Bien nettoyer les cerfeuils tubéreux, couper les panais en morceaux. Mettre tout dans un grand bol et ajouter deux cuillères à soupe d’huile d’olive vierge extra et quelques feuilles de sauge. Saler.
  2. Remuer et mettre le tout dans un grand plat allant au four, à 180°. Laisser cuire 35 minutes environ et servir bien chaud en accompagnement de viandes ou gros poissons. 
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Zuppa imperiale: la « minestra » réconfortante de Bologna

L’autre soir, il faisait froid et gris et l’Italie, surtout l’Émilie-Romagne, me manquait beaucoup. Cette année, pour la première fois, dans ma vie, dans laquelle j’ai toujours suivi la devise italienne « Noël avec les tiens, Pâques avec qui tu veux » et COVID oblige je ne serai pas dans ma ville natale et je ressens déjà de la nostalgie. Avec mes filles, nous sommes déjà en train de faire une liste de toutes les personnes, activités, choses qui nous manqueront au sujet du Noël italien… un exercice douloureux qui, je pense, fait partie du difficile processus de laisser aller l’idée que nous pouvons partir. Je disais, donc, qu’en ce jour gris et un peu triste, nous avons évoqué la « soupe impériale » de ma mère. Si vous avez eu la chance de vous promener dans les rues du centre de Bologne, dans les vitrines des épiceries de luxe, à côté des produits typiques, mortadelle, tortellini, tortelli, vous aurez certainement vu aussi ces petits dés, la soupe impériale. Dans ma famille, c’est un plat d’hiver typique et ma mère le prépare pour continuer à utiliser le bouillon des fêtes même les jours suivants, quand il ne reste plus l’ombre d’un tortellino. Il s’agit de préparer une sorte de gâteau aux œufs, parmesan et chapelure qui est ensuite cuit au four et découpé en petits carrés pour former une sorte de croûtons à cuire dans un bouillon. Dans la recette du grand auteur et chef italien Artusi, il y a un peu de farine de semoule, mais le goût final, je trouve honnêtement qu’il ne change pas beaucoup et j’ai préféré rester fidèle à la recette de mon cœur donc pas de semoule. Si vous avez envie de réaliser cette recette, vous toucherez à quelque chose d’authentique, au-delà de la triade spaghettis bolognaise, lasagna, risotto mais qui fait partie intégrante de la culture culinaire italienne et qui est très peu connus à l’étranger. Et vous vous offrirez un moment de dégustation vraiment magique !

Ingrédients (4 personnes)

    • 4 oeufs bio
    • 120 grammes de parmesan
    • 100 grammes de chapelure de pain
    • 20 grammes de farine 
    • 60 grammes de beurre fondu
    • une pincée de sel
    • quelques tours de noix de muscade si vous aimez
    • une grande casserole de bouillon (soit du vrai, fait avec la poule etc, si non un bon cube)
  1. Dans un bol mettre le parmesan râpe, la chapelure, et la farine. Faire une fontaine et mettre dedans le beurre fondu et les œufs. Mélanger bien pour obtenir comme une crème assez lisse. Regler le sel et les épices si vous avez décidé d’en mettre
  2. Allumer le four 180°. Mettre l’appareil dans un moule sur une hauteur d’environ 3 centimètres. Bien lisser avec une spatule pour que la surface et la hauteur soient régulières. 
  3. Mettre dans le four pendant 20/25 minutes (vérifier la cuisson avec un cure-dent). Sur la surface il doit y avoir une légère croute dorée qui s’est formée.
  4. Enlever du four, laisser refroidir et couper en petits dés.
  5. Faire bouillir du bouillon (avec le bouillon « sérieux » de viande c’est l’idéal. Nous on avaient seulement un cube mais la zuppa imperiale donne une saveur tellement délicieuse la où on la cuit que même le bouillon de cube prend une autre dimension :-).
  6. Plonger les dés de zuppa imperiale dans le bouillon et laisser cuire pendant 2/3 minutes (en fait ils doivent surtout bien s’imprégner de bouillon)
  7. Servir bien chaud pour un grand réconfort hivernal!!
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Cuisine des restes : « Crostini » avec base de patate douce

Parfois, les restes du frigo et du bac à légumes provoquent des idées créatives qui donnent d’incroyables résultats. Il y avait donc cette patate douce, qui me regardait tristement du bac à légumes depuis au moins deux semaines. Chaque fois, elle ne trouvait pas de place dans le plat des légumes au four, et restait là, l’air abattue, en train de se faner petit à petit. Et puis, finalement, ce matin, en la regardant, quelque chose s’est cristallisé et je l’ai associé à un reste de délicieux légumes que ma fille Charlotte avait préparé pour la gamelle de l’école, à un autre reste de tranches de bacon et enfin à un bout de tresse de scamorza qui menaçait de moisir dans le réfrigérateur depuis quelques jours. Tout cela était déstiné à finir bientôt à la poubelle. Je ne peux pas vous dire à quel point ces faux croûtons étaient bons. La base est constituée d’une grosse patate douce (elle!) coupée en tranches d’environ 1,5 centimètre de haut et bien enduites d’huile d’olive. Et la décoration, faites-la bien avec tout ce que vous trouverez ! Des légumes, du fromage (le gorgonzola ou le roquefort me sont venus à l’esprit ce matin mais je n’en avais pas, mais aussi de la mozzarella pour rester sur quelque chose de plus délicat), des restes de bacon, de jambon, de jambon cru, de salami, du pesto, des sauces, bref faites comme si c’était des tranches de pain et laissez-vous inspirer !

Ingrédients (4 personnes en entré mais ça peut très bien faire plat principal pour 2)

  • 1 grosse patate douce
  • 100 grammes environ de scamorza coupée en tranches fines
  • Une poignée de feuilles de sauge
  • 3 tranches de bacon
  • Légumes à la poêle (poivrons, oignons et courgettes pour moi)
  • Huile d’olive vierge extra
  • sel et poivre
  1. Couper la patate dans le sens de la longueur en tranches, enduire chaque tranche d’huile d’olive, poser les tranches sur une plaque allant au four.
  2. Laisser cuire les tranches une vingtaine de minutes au four température 180°, en les retournant quand la moitié du temp est passée.
  3. Quand elles sont devenues bien croustillantes des deux côtés (il s’agit de faire une simulation de crostini quand même) retirer la plaque du four et procéder aux décorations, selon les ingrédients de votre choix.
  4. Remettre au four pendant 5/10 minutes, en donnant le temp aux différents ingrédients de la décoration de bien s’amalgamer. Servir aussitôt, comme vous serviriez des crostini ! 
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Calamars farcis aux pistaches

Un billet, hélas en courant comme d’habitude à cette époque, pour vous donner la recette de ces calamars tout simplement délicieux, que j’ai trouvée sur un livre entièrement consacré aux céphalopodes appelé « Le poulpe » et qui m’a été donné. A l’intérieur, il y a un mélange de saveurs et de parfums….si vous aimez le calamar je vous la recommande, ayez juste le réflexe de demander au poissonnier, en les nettoyant, de laisser le tube intact !

Ingrédients (pour 2 personnes)

  • 4 gros calamars
  • une belle poignée de pistaches 
  • une belle poignée d’amandes 
  • une poignée de persil haché
  • 100 grammes de pain sec râpé
  • 50 grammes de pecorino râpé
  • une gousse d’ail
  • huile d’olive
  • sel et poivre
  1. Couper les « ailes » des tubes de calamars et prendre les tentacules. Les mixer. Ajouter dans le mixeur les pistaches, les amandes, le pain sec et le pecorino, la gousse d’ail. Bien mixer le tout. Ajuster le sel. 
  2. Prendre les tubes de calamars et les remplir de cette mixture. Les fermer avec un cure-dents.
  3. Mettre les calamars dans un plat allant au four, irrorer d’huile d’olive et saler légèrement
  4. Cuire à 180° pendant 12/15 minutes.
  5. A la sortie du four passer quelques tours de moulin de poivre et emmener à table en distribuant leur jus dans le plat de portée.
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Angelica des sœurs Simili, la brioche entre gâteau et ciambella

L’Angelica est l’un des délicieux gâteaux qui figurent dans le livre des mythiques Sœurs Simili de Bologne « Pane e roba dolce ». Si vous connaissez mon blog, vous avez déjà entendu parler d’elles à plusieurs reprises et, si vous voulez essayer beaucoup d’autres de leurs recettes, il suffit d’utiliser le moteur de recherche du blog avec la clé « Simili ». C’est une très bonne brioche qui ressemble un peu à une ciambella, en fait dans l’introduction du livre dans lequel est contenue la recette, « Pane e Roba Dolce », les deux sœurs appellent ce gâteau « ciambella faite à la machine ». À la maison, elle a durée l’espace de deux petits déjeuners, elle est facile à préparer, relativement rapide et peut être préparé le soir pour avoir un merveilleux petit déjeuner le lendemain matin. L’odeur qui se répand dans la maison pendant la cuisson est inestimable !

Ingrédients

Pour la préparation de la levure

  • 135 grammes de farine Manitoba
  • 13 grammes de levure de bière
  • 75 grammes d’eau
  • 1 cuillère à café de miel

Pour la pâte

  • 400 grammes de farine Manitoba
  • 120 grammes de sucre en poudre
  • 120 grammes de lait tiède
  • 120 grammes de beurre pommade
  • 3 jaunes d’œufs
  • 1 cuillère à café de sel

Pour le remplissage

  • 120 grammes de pepites de chocolat (raisins secs dans l’originale)
  • 1 cuillère à soupe d’eau de fleur d’oranger (pas présente dans l’originale)
  • Zestes de 2 oranges bio (peau d’oranges confites dans l’originale)
  • 50 grammes de beurre fondu

Pour le glaçage

  • 4 cuillères à soupe de sucre glace
  • 1 blanc d’oeuf
  1. Dans un bol, exécuter la préparation de la levure en mélangeant tous les ingrédients (préparation) en les travaillant jusqu’à obtenir une boule de pâte compacte. Laisser pousser dans le bol pendant environ 30/40 minutes, en le recouvrant d’un film.
  2. Versez dans un autre bol (ingrédients indiqués avec ‘pour la pâte’) la farine, le sucre, le sel, les jaunes d’œufs et le lait tiède et pétrissez-les, avant d’ajouter le beurre pommade. Pétrissez pendant quelques minutes, et ajoutez la pâte du point 1 (préparation) et continuez à pétrir jusqu’à quand elles ne se seront bien amalgamées. Continuer à pétrir jusqu’à quand votre pâte se détachera bien du bord du bol.
  3. Retournez la pâte sur une surface légèrement farinée et faites quelques plis, en laissant la fermeture en dessous. Remettez la pâte dans le bol légèrement beurré, couvrez et laissez reposer pendant environ une heure et demie (la pâte doit doubler).
  4. Sur une surface légèrement farinée, déposez maintenant votre pâte qui sera doux, parfumé et très détendu… une beauté !
  5. À l’aide du rouleau à pâtisserie, déroulez le tout dans un rectangle d’environ 30×40 et d’une épaisseur d’environ 2-3 mm.
  6. Badigeonnez la surface avec du beurre fondu et placez le chocolat, l’eau de fleur d’oranger et badigeonnez de beurre.
  7. (Regardez la photo en bas avec les phases pour plus de clarté) Faites rouler le rectangle à partir du côté le plus long. À l’aide d’un couteau très aiguisé, coupez le rouleau en deux et séparez délicatement les deux morceaux. Ensuite, tournez-les pour former une tresse afin que la partie coupée reste aussi loin que possible et vers l’extérieur. Fermez les deux extrémités pour obtenir une ciambella, que vous poserez sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé.
  8. Couvrez-le avec une cloche et laissez-le monter jusqu’à ce qu’elle double (environ deux heures).
  9. Faites cuire au four préchauffé à 180° pendant 30-35 minutes.
  10. En attendant, préparez le glaçage en mélangeant bien les ingrédients à la fourchette, jusqu’à obtenir une couverture dense et bien mélangée.
  11. Lorsque le gâteau est prêt, le sortir du four et le badigeonner de glaçage. Remettez-le dans le four éteint pendant une minute pour laisser le couvercle sécher. Essentiel…ne pas oublier le gâteau dans le four. Le mien je l’ai sorti après 5 minutes, le four encore chaud. Comme vous pouvez voir il est recouvert d’une espèce de meringue, très bonne au gout mais moins belle à voir 😊 c’est cela qui se passe quand on se distrait !!
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Gnocchi à l’ortie avec gorgonzola, noix, courge butternut

Je regardais les orties dans le jardin depuis quelques jours… c’est incroyable, elles sont si fraîches, comme celles qui viennent au printemps, au point que ça m’a fait penser aux longs tours en lisière de forêt avec mes filles lors du premier confinement. Seulement, c’est un peu bizarre qu’elles soient si fraîches maintenant, que nous approchons de l’hiver, comme il est bizarre que la bardane soit encore en fleur. Mais là à nouveau, elles me faisaient des clins d’œil depuis des jours et je me demandais comment les utiliser. Puis j’ai découvert un reste de gorgonzola dans le réfrigérateur, une belle courge butternut est apparue ce matin sur le comptoir des légumes au marché et le déjeuner du dimanche m’est apparu clairement 🙂

Ingrédients (pour 4 personnes)

Pour les gnocchis

  • 1 kilo de pommes de terre à gnocchi (vieilles car moins d’eau)
  • 200 grammes d’orties (nettoyés, le poids est net)
  • 200 grammes de farine (100 grammes de farine de semoule de grain tendre et 100 grammes de farine t65 bio)
  • 1 œuf
  • une pincée de sel

Pour la sauce

  • 250 grammes de gorgonzola
  • 1 courge butternut moyenne
  • une poignée de feuilles de sauge
  • une poignée de créneaux de noix hachés grossièrement
  1. Couper la courge butternut en dés, pas besoin d’enlever la peau, vous pouvez la manger tranquillement. Mettre les dés dans un bol, arroser d’huile d’olive, saler, mettre quelques feuilles de sauge et faire cuire au four chaud, température 180°, pendant 30 minutes. Réserver au chaud
  2. Cuire les orties à la vapeur pendant 5 minutes. Une fois cuites les essorer en les pressant pour enlever le plus d’eau que possible. Les plus elles seront sèches le moins vous utiliserez de farine et les gnocchi seront meilleurs, moins pâteux. Une fois bien essorées, couper finement au couteau et réserver. 
  3. Faire cuire les pommes de terre à la vapeur pendant 30/35 minutes, jusqu’à quand vous pourrez enfiler un couteau facilement dans leur chère. Laisser refroidir et enlever la peau. Passer les pommes de terre froides au presse-légumes
  4. Sur le plan de travail mettre les pommes de terre pressées. A coter mettre les farines, bien mélangées, dans un bol. Ajouter l’œuf battu et salé et commencer, petit à petit, à rajouter la farine, tout en travaillant la pâte, jusqu’à obtention d’une boule lisse. La quantité de farine à ajouter va dépendre beaucoup de la qualité des pommes de terre. Laisser reposer la boule, couverte, pendant quelques minutes. 
  5. Prélever des petites quantités de pâte, rouler avec les deux mains en formant des cylindres rallongés du diamètre d’environ 1,5 centimètre. Couper au couteau des morceaux de ces cylindres, d’environ 2 centimètres de long. Avec une fourchette presser légèrement ces morceaux pour qu’ils soient rayés. Déposer de la farine avant de les poser sur le plan de travail, car ils ont tendance à s’attacher et surtout ne pas les superposer! 
  6. Faire bouillir une grande casserole pleine d’eau salée et, à côté, une grande poêle dans la quelle vous pouvez commencer à chauffer, à feu bas, le gorgonzola avec quelques feuilles de sauge dedans. 
  7. Commencer à cuire les gnocchis. Les plonger dans la casserole et dès qu’ils remontent en surface les enlever, en les mettant dans la poêle avec le gorgonzola. Faites attentions, cette opération est à faire le plus vite que possible et le plus délicatement que possible car les gnocchis peuvent se casser. Quand les gnocchis sont tous dans la poêle bien les enduire de gorgonzola. Enlever du feu, mettre sur la surface les dés de courge et les noix hachés. Compléter avec un tour de moulin de poivre et servir bien chauds. 
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Piadina feuillettée au levain

Que faire pendant le confinement sinon rafraîchir le levain et recommencer ? Je pense que la différence entre ce lockdown et celui de mars est évidente. Il n’y a plus l’excitation de découvrir le travail à distance, les apéritifs avec des amis lointains sur Zoom, les cours de yoga sur Facebook, les musées que l’on peut visiter en ligne et les journaux intimes de confinement avec les spleen bourgeois qui les accompagnent. Au cours de ces six mois, nous avons eu l’indigestion de tout cela. Et cette fois-ci, il n’y a pas l’été tout proche qui arrive à grands pas, les jours qui s’allongent, la promesse que les coronavirus avec la chaleur vont s’estomper jusqu’à disparaître. Cette fois, je nous trouve collectivement beaucoup plus tristes. Les conséquences de la crise économique commencent à se faire sentir, comme la colère sociale et la fin de la solidarité, qui nous a fait nous sentir un peu tous dans le même bateau, luttant contre quelque chose que nous ne connaissions pas mais qui nous unissait. Nous allons maintenant vers un long hiver, vers une troisième vague déjà annoncée, avec beaucoup moins de certitudes quant à la mortalité du virus et donc beaucoup plus d’inquiétudes et complètement désunis, sans solidarité, en colère contre les médecins (mais pourquoi ? Qu’est-ce qui met les gens en colère contre les médecins ? je ne comprends pas…), avec le phénomène du négationnisme qui devient de plus en plus imparable et irrationnel. Et ne répétons plus l’adage « tout ira bien » car, en bref, en regardant autour de nous, ce n’est pas que nous voyions toutes ces choses aller bien. Même le levain, l’un des symboles culinaires de notre premier confinement, avec lequel nombre d’entre nous se sont essayés, avec beaucoup de joie et de satisfaction, à apprendre, à faire des erreurs, à faire et refaire, à le rafraîchir, à acquérir une toute nouvelle terminologie et la patience enseignée par la boulangerie avec le levain, lui aussi, qui a attendu dans le frigo, en patientant d’être rafraîchi, on le reprend avec beaucoup moins de joie, d’attente, de confiance en l’avenir et dans le fait que la vie peut revenir comme avant. C’est avec ces pensées et ces sentiments que j’ai repris mon Gino pour faire ces piadines. Avec la grande excitation que j’ai chaque fois que j’essaie une nouvelle recette mais aussi avec la conscience que cette joie était bien plus grande en mars, quand je ne savais pas, quand j’avais encore l’illusion que tout cela serait une parenthèse de quelques mois à raconter aux petits-enfants comme quelque chose d’épique.

Ingrédients (environ 8 ou 9 piadine)

  • 150 grammes de levain (le mien c’est l’excès d’un rafraichissement du jour avant) 
  • 100 grammes de lait 
  • 100 grammes d’eau (à ajuster selon l’absorption de la farine)
  • 30 grammes d’huile d’olive vierge extra + un peu pour le feuilletage
  • 400 grammes de farine 00
  • 1 cuillère à café de sel
  1. Dissoudre le levain avec le lait et l’eau, puis ajoutez l’huile et la farine petit à petit.
    A la fin, ajoutez le sel, travaillez la pâte jusqu’à obtention d’une boule lisse. Laissez la pâte reposer pendant environ 40 minutes, recouverte d’un bol.
  2. Divisez la pâte en 8 boules (elles doivent peser autour de 100 grammes chacune)
  3. Tamisez le plan de travail de farine et passer les boules au rouleau aussi fines que possible. Fait cela, badigeonnez-les d’huile et roulez les piadines sur elles-mêmes pour former 6 escargots.
  4. Laissez reposer encore une quarantaine de minutes environ, recouvertes par un torchon propre et légèrement humide
  5. Finalement, étalez à nouveau la pâte très fine, tout en farinant le plan de travail et le rouleau.
  6. Faites chauffer une poêle anti adhérente et faites cuire la piadina des deux côtés,  sans rien comme matière grasse, juste en les retournant sans les percer.
  7. Accompagner de charcuterie, de salade, de tout ce que vous voulez, elle sont super!!
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Couleurs d’automne : chou violet et betterave à la sauge

Je trouve que le chou violet, et en général tous les légumes de cette couleur (betteraves, chou-rave, oignons, rhubarbe…) sont parmi les plus beaux de tous. Ce chou m’a tout de suite fait un clin d’œil de l’étalage sur le marché. Mais malheureusement, la cuisson, surtout dans l’eau, ne lui permet pas de conserver cette belle couleur. Vous ne pouvez pas, par exemple, obtenir une soupe couleur violette. J’ai donc pensé à ma recette préférée pour l’apéritif léger, celle des chips de chou au four et je me suis dit que le chou violet le resterait peut-être avec une cuisson sans eau. Le résultat final (je n’ai même pas eu le temps de le photographier et il a disparu en un éclair) est moins beau esthétiquement que le chou cru mais je vous assure que c’est un délice infini et qu’il garde bien sa couleur !

Ingrédients

  • 1/2 chou violet
  • 3 petites betteraves
  • une poignée de feuilles de sauge
  • huile d’olive
  • sel et poivre du moulin
  1. Allumer le four 180°
  2. Détacher les fleurs du chou, les mettre dans un bol ; couper les betteraves en tranches d’environ 1/2 centimètre. Les arroser d’huile d’olive et de sel, bien mélanger. 
  3. Insérer dans le bol les feuilles de sauge et mélanger. Saler et mettre le tout sur une plaque allant au four recouverte de papier sulfurisé. Bien étaler les légumes pour qu’ils puissent bien cuire
  4. Mettre le tout au four pendant 35/40 minutes, en mélangeant à la moitié du temp
  5. Enlever du four, laisser reposer 5 minutes, donner quelques tours de poivre et servir. 

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Tagliatelle aux cèpes

Les cèpes sont une des saveurs qui me rappellent directement l’enfance, les promenades en forêt, la joie de découvrir, parmi les feuilles, le chapeau brun parfait et de sentir, en dessous, la ravissante forme en tonneau. J’ai appris à reconnaître les champignons très tôt, avec mon père. Mon père a vécu toute la semaine en veste, chemise et cravate, pour se transformer, le vendredi soir, quand nous arrivions dans notre petite maison dans les collines toscanes, en parfait villageois : chemise à carreaux, bottes, pantalon de travail. Depuis l’enfance, avec mon frère, nous avons passé des heures et des heures dans les bois, avec lui ou seuls, et l’un de nos passe-temps favoris était la recherche de champignons. Nous avons reconnu et ramassé différentes espèces, les chanterelles, les Amanite Cesaree, d’autres dont, honnêtement, je ne pourrais pas dire le nom en français, mais dont je me souviens bien des noms dans le romantique jargon toscan-romagnole : les torroni, les pretini, les gambesecche, les prugnoli…mais surtout les cèpes, que nous ramenions triomphalement à la maison à ma mère, qui nous préparait alors de délicieuses tagliatelles. Il est clair que la machine pour tirer les pâtes était hors de discussion… les pâtes étaient tirées à la main, avec un rouleau à pâtisserie, très fines et rugueuses, pour pouvoir bien prendre la sauce. Pendant la préparation des pâtes, la maison était remplie de l’odeur des champignons et l’attente devenait très longue. L’odeur éveillait l’appétit et lorsque nous arrivions à table, devant les tagliatelles fumantes, le plat était vidé en un rien de temps. Les endroits où chercher les cèpes étaient jalousement gardés secrets, et en rencontrant des « étrangers », on faisait comme si de rien n’était et les conversations se résumaient à « Y en a-t-il ? » « Non, cette année rien », en essayant de bien cacher le sac avec le précieux contenu des champignons. Les quelques habitants des maisons dispersées nous avaient parlé des champignonnières; ils nous considéraient tellement comme faisant partie de la communauté qu’ils nous faisaient l’incroyable honneur de partager leurs lieux. Se promener dans la forêt de Fontainebleau me remet en contact avec ces moments. Et l’odeur des champignons que l’on peut sentir à cette époque dans certains endroits est enivrante…mais…aucun de ces champignons n’a été cueilli par moi, ils sont locaux mais je les ai achetés à un gars très sympa qui passe ses journées à les cueillir comme travail pour ses vacances ! Ce qui est triste, c’est que cela fait trop longtemps que je suis allé cueillir des champignons avec mon père et que je n’ai plus trop confiance en moi pour manger ce que je cueille… chaque fois, au dernier moment, je me dis « ce sera vraiment bon ?  » et je me souviens de cette horrible histoire d’un ami d’un ami (qui semble faite exprès pour donner un exemple à un biais inconscient, la preuve anecdotique…) qui a passé des mois à l’hôpital avant de mourir parmi d’atroces souffrances pour avoir mangé des champignons vénéneux. Je préfère donc de tout cœur me défaire des champignons que je cueille et en acheter. Dans les tagliatelles que je vous présente, pour la préparation de la sauce, j’ai suivi le conseil d’une chef, entendu dans la transmission de France Inter « On va déguster », selon laquelle il ne faut pas mélanger l’ail, l’oignon ou le persil avec les cèpes, qui doivent être dégustés tels quels, pour ne pas risquer de couvrir le goût délicieux. Et c’est ce que j’ai fait. J’ai fait les tagliatelles avec de très bons œufs biologiques et avec la farine mélangée de semoule de blé dur Caputo, qui venait d’arriver et qui fait vraiment la différence.

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Cake au chocolat avec farines intégrales

Le cake est tellement joli que vous imaginez bien, si vous connaissez un peu mon blog, que ce n’est pas du tout moi qui l’a réalisé. Nous avons décidé de ne pas partir même pour ces vacances, en nous disant qu’avec ce climat sanitaire et tout le reste, la place la meilleure pour vraiment se relaxer c’est chez nous. Et c’est ainsi que mes filles, ennuyées et, en plus, mises en quarantaine à cause d’un contact avec la maudite COVID, et donc isolées de leurs amis, ont commencé à préparer ce beau gâteau. Quand je l’ai vu, je dois dire que j’ai été vraiment étonné, et aussi fière d’elles. La recette de base (trouvée sur le blog italien Latte di Mandorla, très intéressant et plein de recettes légères) est très simple, je l’ai un peu changée car le stevia ça ne passe vraiment pas ici. La production de l’œuvre d’art les a bien occupés tout au long de l’après-midi !

Ingrédients (une douzaine de parts, si vous êtes raisonnables)

  • 120 grammes de farine complète
  • 120 grammes de farine de kamut
  • 3 œufs bio
  • 30 grammes de cacao amer en poudre
  • 50 ml de lait d’amandes
  • 120 grammes d’huile de tournesol bio
  • 200 grammes de sucre en poudre
  • 1 sachet de levure chimique
  • une tablette de chocolat pâtissier, quelques framboises ou autres fruits rouges pour la déco
  1. séparer les jaunes des blancs d’œufs et les placer dans deux bols différents
  2. fouettez les jaunes d’œufs avec le sucre à l’aide de fouets électriques jusqu’à ce qu’ils deviennent un mélange mousseux
  3. travailler au fouet électrique les blancs d’œufs en neige ferme
  4. ajouter l’huile, le lait d’amande, les deux farines tamisées, le cacao tamisé et le sachet de levure tout en continuant à mélanger
  5. Ajouter les blancs d’œufs battus en neige à l’appareil, mélanger à la spatule en effectuant un mouvement de bas en haut très doux
  6. Versez le mélange dans un moule à gâteau de 22 cm de diamètre, bien beurré
  7. Cuire à 180° pendant 35/40 minutes, tester la cuisson du gâteau avec un couteau
  8. Lorsque le temps de cuisson est terminé, laisser reposer, démouler, laisser refroidir sur une grille
  9. Pendant que le gâteau refroidit faire fondre du chocolat au bain marie. Revêtir de papier sulfurisé un rouleau à pâtisserie. Distribuer des feuilles de chocolat chaud sur le rouleau que vous aurez fixé avec un poids pour éviter qu’il s’échappe. 
  10. Quand le gâteau est complètement refroidi, avec le reste du chocolat fondu (que vous aurez re réchauffé pour qu’il se liquéfie) faire des filets en le coulant sur la surface. Fixer les feuilles bien sèche à ces filets et finir avec les framboises. Laisser bien prendre et se régaler au petit déj!

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