Je (re)lis « Les années » d’Annie Ernaux en ce moment (en fait je lis au moins trois livres différents mais je vous épargne les autres car ils sont des livres pro, un sur les écosystèmes et l’autre sur le leadership). Je ne sais pas si vous l’avez lu, je vous en déconseille la lecture en ce mois un peu tristounet, dans lequel on a plus tendance à se rendre compte de l’inéluctable passer du temps : le livre est extraordinaire (bien sur, Ernaux a été prix Nobel de la littérature en 2022, on ne peut pas s’attendre à un torchon), j’imagine que pour qui a vécu en France « ces années la » et qui en a toutes les références (les pubs, les faits de chronique, les chansons, etc), la lecture soit encore plus chargé de nostalgie, mais le livre produit aussi une espèce de mélancolie pour cet inéluctable cycle de la vie auquel personne ne peut échapper…A chaque âge il y a des choses qu’on se dit et qui sont universelles apparemment – moi qui pensait être si unique :-)- qu’on retrouve dans les pensées et les souvenirs chargés de l’histoire récente de la femme qui est le fil rouge du livre, avec laquelle on parcourt les années et l’album des photos. Le livre a produit aussi en moi un autre niveau encore d’émotions. En japonais il y a un mot, natsukashii, qui signifie la nostalgie pour des choses qu’on n’a jamais vécu – en réalité c’est beaucoup plus subtil et poétique mais, soyons sérieux, à un certain moment ici on parlera de courges!!. J’étais donc habité par cette natsukashii qui m’était venue, en partie vraie, pour d’autres époques que j’ai vécu mais aussi pour des époques dont j’avais lu sur le livre, quand je suis allée à Biocoop et d’un coup malgré la chaleur, l’énième canicule et la rentrée, je me suis rendu compte pleinement que septembre est la et que l’automne arrive : un énorme montagne de cucurbitacée m’a accueillie, pour me signaler sans faute que une autre année est passée. J’aime beaucoup les courges, en salé, en salé/sucré, en sucré…j’ai embarqué une belle butternut et j’en ai fait un diner végétarien super gouteux et facile.
Ingrédients (4 personnes)
Une courge butternut
200 grammes de feta
200 grammes de scamorza fumé
50 grammes de parmesan
Quelques feuilles de sauge
Une poignée de noisettes concassées
Une poignée de grains de courge
Huile d’olive vierge extra, sel et poivre
Coupez la butternut en deux, videz les filaments et les grains. A l’aide de deux batônnets pour brochettes, positionnés le long de chaque moitié, couper la courge en lamelles, en faisant attention de ne pas enfoncer le couteau. Pourquoi couper la courge en lamelles? vous verrez elle se cuit super bien à l’intérieur en beaucoup moins de temp. Induire la courge d’huile, en séparant un peu les lamelles pour que l’huile pénètre aussi un peu à l’intérieur. Saler légèrement, répéter l’opération pour les deux moitiés et mettre la courge à cuire, la partie molle en bas, l’accordéon formé par les lamelles vers le en haut, dans le four à 180° pendant 25 minutes (four chaud).
Briser la féta et couper la scamorza en petits dés.
Retirer la courge du four. Parsemer de feta et de scamorza. Finir avec le parmesan et les feuilles de sauge. Parsemer de noisettes concassées et de grains de courge. Remettre au four encore pendant une dizaine de minutes. Laisser reposer une fois sortie du four, régler le sel et le poivre, servir tiède.
…ou quand on achète un ingrédient et on ne sait plus pourquoi exactement on l’a acheté. Le basilic rouge , Wiki me dit qu’il s’appelle scientifiquement Ocimum basilicum var. purpurascens, c’est avant tout très beau, mais aussi avec un arome différent du basilic vert…Déjà le basilic vert a énormément de variété…l’autre soir j’ai discuté avec une copine de Gêne qui m’a bien fait comprendre pourquoi le pesto qu’on obtient ici n’a rien à voir avec ce qu’on peut gouter dans sa région, et il n’y a grosso modo rien à faire car l’ingrédient principale, le basilic de Pra, en France demeure introuvable. Après cette conversation et avec mon basilic très beau, à l’odeur vaguement anisé, un peu piquant, la première chose que j’ai toute de suite exclue quant à son utilisation, a été d’en faire un pesto, comme beaucoup de sites de recette le conseillait (évidemment n’ayant pas eu une échange autour d’un Spritz avec ma copine Sarah…). Par contre j’ai vu sur Pinterest la photo d’une extraordinaire salade et c’est comme ça que je l’ai utilisé. Cela est THE salade de fin d’été, dépêchez vous de la faire pendant que tous les ingrédients sont la, la fenêtre temporelle est en train de se refermer!!
Ingrédients (6 personnes)
Une botte de basilic rouge
500 grammes de tomates cerise
2 nectarines blanches
4 figues bien murs
1 avocat
Une dizaine de framboises
Graines de tournesol toastés
Graines de sésame
Quelques brins d’aneth
Eventuellement: une burrata à mettre au centre (oui je l’ai mise sur la mienne mais elle a été mangée avant que je puisse la prendre en photo !!)
Pour la vinaigrette
Une pincée de cumin en poudre
Une pincée de piment en poudre
1 citron vert
3 cuillères à soupe d’huile d’olive vierge extra
Sel et poivre
Coupez les ingrédients solides en tranches.
Mélangez les ingrédients de la vinaigrette
Assaisonnez et laisser reposer une demie heure
Posez une burrata au centre si vous voulez si non elle est prête!
Je cède à la nostalgie du Japon en reproduisant une recette relativement simple que j’ai dégustée dans un bar près du marché central de Kyoto. Il ne s’agit pas vraiment de cuisine traditionnelle, mais plutôt d’une cuisine contemporaine et pas vraiment saine, une cuisine relativement simple qui se répand comme une traînée de poudre, même dans les villes européennes où fleurissent sans cesse des bars à pancakes moelleux (à Paris, j’en ai déjà vu au moins deux). Que dire…Si vous avez des adolescents ou des enfants à la maison, ils vont adorer ces pancakes moelleux ; pour les adultes, disons qu’une portion équivalente à un tiers de pancake est amplement suffisante, et pas plus d’une fois par mois. Ils sont très amusants à réaliser ; j’ai été aidée par ma fille, qui est passée de « maman, quel désastre » lorsqu’un pancake a débordé de son emporte-pièce à « maman, c’est délicieux » lors de la dégustation.
Un conseil donc : ne remplissez pas le moule à plus des deux tiers, voire un peu moins, si vous ne voulez pas assister à une éruption volcanique de la pâte.
Les proportions sont prévues pour 6 pancakes, que j’ai cuits par trois pour éviter d’attendre trop longtemps. Aujourd’hui, je les ai accompagnés de poudre de matcha, de fraises, de sirop d’érable et de myrtilles ; demain soir, j’ai un grand dîner et j’espère pouvoir les préparer avec d’autres accompagnements encore (chocolat fondu, crème pâtissière, crème fouettée, caramel, etc.). Je vous tiendrai au courant !
Ingrédients (6 pancakes)
180 grammes de farine
2 gros œufs
1 sachet de levure chimique
60 grammes de sucre
Les grains d’une gousse de vanille
120 grammes de lait
Une pincée de sel fin
Beurre pour les emporte pièces et la poêle
Pour la garniture
Sirop d’érable, poudre de matcha, crème pâtissière, crème fraiche, fruits, ce que vous voulez!
Dans un grand bol, battez les jaunes d’œufs avec le sucre jusqu’à les blanchir. Ajouter le lait et les grains de vanille. Incorporez délicatement la farine tamisée avec la levure chimique et la pincée de sel jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène.
Dans un autre récipient, montez les blancs d’œufs en neige ferme.
Incorporez une petite quantité de blancs en neige dans la première préparation pour détendre la pâte, puis ajoutez le reste des blancs en soulevant délicatement la masse de bas en haut pour ne pas casser l’air.
J’ai fait mes pancakes dans des emporte pièces de 8 centimètres de diamètre et assez hauts. Donc avant utilisation beurrez les très bien pour que le pancakes puissent bien se détacher. Je les ai faits 3 à 3 donc prenez une poêle assez grande qui puisse avoir un couvercle pendant la cuisson.
Faites chauffer la poêle à feu doux et beurrez la légèrement. Posez les emporte pièces dans la poêle et déposez des tas pâte pour un peu moins que les 2/3 . Ajoutez quelques gouttes d’eau autour des pancakes et couvrez avec un couvercle pour créer de la vapeur.
Laissez cuire environ 4 à 5 minutes à feu très doux, puis retournez-les délicatement sans les sortir des emporte pièces. Ajoutez de nouveau un tout petit peu d’eau, couvrez, et cuisez l’autre face 4 minutes supplémentaires jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés et aériens.
Dégustez sans attendre, en les accompagnant de la garniture que vous préférez.
Le titre de la recette rappelle un peu Karen Blixen, mais le dîner n’est pas si français que ça et non, il ne s’agit pas (malheureusement) d’un gain à la loterie. Ma plus jeune fille est tout simplement prise, depuis la fin des vacances, d’une sorte de frénésie culinaire qui se traduit par diverses occupations de la cuisine, un peu à la manière de « Mai 68 » ou « Le vieux monde est derrière toi ». Ce qui, pour elle, signifie en ce moment : « Avant la rentrée, j’ai envie de révolutionner notre façon de manger ». Je ne sais pas si ses inspirations lui sont venues du Japon ou d’ailleurs (excusez-moi, en ce moment, toutes les excuses sont bonnes pour parler du Japon ; je n’arrive pas à me remettre du fait que je ne sais pas quand je pourrai y retourner et je pense être victime du mal du Japon). Bref, pour en revenir à notre sujet, il y a deux soirs, elle nous a fait une superbe surprise en préparant un dîner de grande classe, vraiment délicieux et aux saveurs inhabituelles, pas vraiment japonaises, mais qui nous ont rappelé quelque chose d’Amérique du Sud, je dirais du Brésil. Le dîner se composait d’une entrée de salade composée, d’une sorte de salade, et d’un curry de poulet et de crevettes, à la fois simple et exquis. Je vous donne les deux recettes, qui semblent avoir été inventées par elle. Nous les avons trouvées objectivement délicieuses, mais il est vrai qu’il est difficile d’être objectif vis-à-vis de ses propres enfants… En Italie, on dit « même le cafard est beau pour sa mère », ogni scarrafone è bello a mamma sua 🙂
Salade dans la noix de coco
Ingrédients (3 personnes assez copieux)
200 grammes d’haricots verts cuits à la vapeur et coupés en petit morceaux
1 avocat
1 mangue
12 crevettes coupées en morceaux
2 poivrons rouges coupés en carreaux et sautés
une poignée de coupeaux de noix de coco
sel, poivre, piment rouge
citron vert
Mélanger tous les ingrédients, laisser reposer quelques minutes et servir aussitôt en mettant le tout dans des coques de noix de coco (comment elle a eu l’idée???)
Curry de poulet et crevettes
Ingrédients (3 personnes)
1 filet de poulet
9 crevettes
1 oignon
250 grammes de lait de coco épais bio
Huile d’olive vierge extra, sel, poivre, cannelle, pâte de curry vert (une bonne cuillère à soupe)
Un demi citron vert
une boite de tomates pelés
Hacher grossièrement les oignons, les sauter sans les bruler dans un wok
Couper le poulet en aiguillettes, le mettre avec les oignons et ajouter la pâte de curry vert
Ajouter la boite de tomates, le lait de coco
Laisser cuir pour que les liquides soient bien absorbés.
Ajouter le sel, le poivre, la cannelle.
Ajouter les crevettes et laisser encore cuire 2 minutes.
Avant d’enlever du feu ajouter le jus du demi citron vert
Je suis rentrée il y a quelques jours du plus beau voyage que j’aie jamais fait. J’ai passé trois semaines en famille au Japon. Le Japon est l’une de mes destinations de rêve depuis mon adolescence : j’adore tout, la littérature, les films, les mangas, les anime, la mode, la spiritualité et bien sûr la cuisine. Il n’y a rien que je n’aime pas et rien ne m’a déçue au cours de notre périple entre les grandes villes et les coins perdus dans les montagnes.
Nous avons mis beaucoup de temps à nous décider à partir, à la fois parce que ce voyage a complètement fait exploser notre budget carbone de deux tonnes par personne, mais aussi parce que cette année s’annonçait particulièrement chaude et dangereuse en raison des typhons.
Je me suis souvent disputée avec moi-même, en proie à une totale dissonance cognitive : d’un côté, une voix qui me disait « tu ne peux pas, si tu veux être cohérente, tu ne dois pas prendre de vols intercontinentaux, au moins pour les vacances », et de l’autre, une autre voix qui me disait « c’est ton rêve et ce que tu as vécu en matière de santé ces deux dernières années te recommande de ne pas trop attendre pour réaliser tes rêves ». Après des mois de débat intérieur, à un mois du départ fixé, j’ai décidé que nous partions et j’ai tracé l’itinéraire. Tout s’est déroulé à la perfection ! (bon sauf la méduse qui est rentrée dans mon maillot de bain dans la cristalline baye de Wakasa et qui a demandé un petit passage aux urgences de la plage). Je ne vais pas m’étendre ici, sur un blog consacré à la cuisine, pour vous raconter toutes les étapes et les choses extraordinaires que nous avons vues, mais j’espère pouvoir rédiger un article sur ce que nous avons mangé, ce qui correspond bien mieux au sujet.
Depuis mon retour, je cherché des cours de cuisine japonaise : ça a toujours été ma cuisine préférée (eh oui, même plus que la cuisine italienne), mais je n’avais jamais osé m’y essayer car ça m’a toujours semblé extrêmement difficile. Je confirme. J’ai déjà essayé de reproduire les plats qui me semblaient les plus accessibles, comme les raviolis cuits à la vapeur, avec des résultats lamentables…Un cours s’impose donc vraiment ! Pour l’instant, je commence par ajouter des assaisonnements vaguement japonais à mes plats. Cette salade est en quelque sorte une tentative artisanale de retrouver des saveurs qui me manquent énormément.
J’espère vraiment pouvoir retourner au Japon ; j’aimerais visiter Hokkaido, mais aussi les îles du sud et il y a tant d’autres endroits que je n’ai pas vus, comme Kanazawa, que j’aimerais découvrir. J’aimerais séjourner dans davantage de ryokans la prochaine fois pour savourer la cuisine traditionnelle kaiseki, que je n’ai goûtée que pendant trois jours, dans un endroit perdu au milieu des montagnes avec un onsen fantastique.
En attendant, je pense que je vais partager mes expériences culinaires sur le blog pendant un certain temps (non, je ne peux pas vous montrer mes raviolis, ils étaient vraiment moches, je vous jure que les prochains seront meilleurs !) et si je trouve un bon cours de cuisine japonaise à Paris, je vous tiendrai au courant !
Ingrédients
Pour la sauce
une cuillère à soupe de sauce soja
deux cuillères à soupe d’huile de sésame grillé
une cuillère à soupe de vinaigre de riz
une petite cuillère de gingembre frais rapé
quelques feuilles de menthe
une pincée de persil haché
Pour la salade
500 grammes de crevettes décortiquées
1 mangue
1 avocat
2 oignons nouveaux
Mélanger tous les ingrédients de la sauce
Couper la mangue en cubes, l’avocat en lamelles, hacher les oignons nouveaux en laissant un peu du vert de la tige, décortiquer les crevettes. Mélanger tous les ingrédients dans un bol.
Ajouter la sauce, bien mélanger, laisser reposer quelques minutes avant de servir.
Pourquoi j’ai de moins en moins envie d’écrire sur mon blog ? Et pas seulement sur celui-ci, qui est mon carnet de cuisine que j’écris surtout pour mes filles, mais j’ai aussi très peu envie de créer du contenu professionnel. Il y a une responsable, et ce n’est pas que je veuille rejeter la faute de ma paresse sur quelque chose d’extérieur, mais depuis l’arrivée de l’IA, j’ai de plus en plus de mal à trouver un sens à l’écriture. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de passer un texte que vous avez produit dans Claude ou d’autres LLM… Moi, j’ai essayé plusieurs fois, surtout parce que quand j’écris en français, je sais qu’il y a toujours des italianismes qui m’échappent. Jusqu’à l’arrivée de DeepL, ils restaient dans mes posts, puis maintenant DeepL s’occupe de tout lisser, mais ça ne suffit pas quand on demande à un LLM de réécrire son texte. L’expérience est assez surréaliste, car on retrouve son texte, mais ce n’est plus le même… il est « bien » écrit, c’est-à-dire de la manière la plus plate possible, tout lisse, avec les bons adjectifs, les points (toujours trois) pour argumenter, et le tiret à l’anglaise. Les passages qui étaient obscurs avant sont devenus clairs, et le tout est devenu d’un ennui mortel ; dès la moitié, je jette tout à la poubelle parce que je m’ennuie toute seule. C’est comme s’il y avait une « bonne » manière d’écrire unique, valable pour tout le monde.
Il y a quelque temps, sur France Inter, j’ai aussi entendu parler du risque « ouroboros », c’est-à-dire qu’à un moment donné, les IA vont se nourrir d’elles-mêmes, et ce moment n’est pas loin. Pour en revenir au blog, je me dis : à quoi ça sert d’écrire une recette qui va alimenter une IA et qui aura peu de chances d’être vue dans sa version originale ? La presse écrite en fait déjà largement les frais, puisqu’elle est certes citée parmi les sources, mais beaucoup moins consultée.
C’est vrai que mon blog est petit, mais quand j’ai commencé il y a maintenant plus de 16 ans (et je n’ai pas été une adepte de la première heure, les blogs existaient depuis de nombreuses années et WordPress connaissait déjà un grand succès en tant que plateforme d’hébergement), je disais – et j’ai fait une digression sans utiliser de tirets mais là les parenthèses c’est fini donc voilà le tiret qui arrive ! – je disais que dans le monde des blogs, on ressentait une certaine chaleur humaine, une intimité car grosso modo on n’étaient pas une énormité, un désir sincère d’échanger, de discuter, etc.
Je n’ai jamais été une grande bavarde sur les blogs (je ne le suis pas non plus dans la vraie vie oups mensonge), même si j’aime beaucoup échanger des messages avec certaines blogueuses, mais il y avait une certitude relative : en consacrant son temps à l’écriture et aux échanges, on créait une petite communauté autour du blog. Voilà, je pense que ça touche à sa fin ou que c’est déjà fini, et je le regrette…et je m’en fiche si mes filles s’écrieraient en chœur « booomer » si elles me lisaient.
Bref, maintenant j’arrête de râler et je passe à la recette, parce qu’il ne faut surtout pas que cette précieuse recette soit noyée sous une intro barbante (je suis sûre que Claude réduirait mon post au moins de moitié).
Cette recette vient d’un livre des sœurs Simili de Bologne, bien moins connu que « Pane e roba dolce », l’ouvrage dans lequel elles ont mis tout leur savoir sur les pâtes levées, la levure, le pain, les focaccias, etc… Le livre en question, dans lequel j’ai trouvé la recette de ce fantastique « gnocco » de Modène, s’appelle « La buona cucina di casa » et raconte tout un déjeuner de semaine et de fête dans les environs de Bologne, avec de superbes photos et des plats vintage (l’aspic, le poisson factice, etc… ) gnocco = idiot en dialecte, je ne sais pas pourquoi ce plat s’appele stupide mais il est très important de rajouter « frit » car le gnocco est un autre nom pour une focaccia particulière. Dans la pâte il y a de l’oeuf, ce qui rend la friture très peu huileuse, juste un peu. Le parfum et la saveur sont juste extras, à accompagner avec bien sur de la mortadella!
A la fin de la friture de chaque pièce, ne le mettez surtout pas sur du papier car ils vont devenir très souples et c’est désagréable. Mettez-les sur une cuillère en bois chose qui va permettre à l’humidité de bien ressortir. Si vous ne mangez pas de porc n’hésitez pas à mettre du beurre à la place du saindoux, si vous êtes vegan essayez avec de l’huile d’olive mais ils seront peut être moins onctueux. Pardon pour les photos de mauvaise qualité, entre friture, huile chaude, pièces à manier et cuillère qui ne tenait pas sa place ça n’a pas été de toute facilité la séance photo 🙂 . Dans le plat marocain les centres de mes gnocco fritto qui ont fait heureux les enfants qui n’avaient pas pu accompagner leurs parents pendant le diner et qui ont reçu leur doggy bag pour les consoler.
Ingrédients (11 gnocchi en forme de donuts + 11 petites boules de friture)
500 grammes de farine pour pizza
15 grammes de levure boulangère
230 grammes de lait
1 oeuf
15 grammes de saindoux
10 grammes de sel
1 cuillère à soupe de miel d’acacia
1 litre d’huile pour frire
Dans le robot mettre le lait, l’oeuf, le saindoux (gardé hors frigo pour qu’il soit presque liquide), le miel, dissoudre la levure e mélangeant avec l’outil papillon.
Ajouter la farine assez vite (mon ami boulanger m’a expliqué que si on la levure meurt à contact du miel), le sel. Travailler avec l’outil pour pétrir jusqu’à obtenir une boule lisse.
Renverser la boule sur le plan de travail, lui faire trois tours de plies en forme de portefeuille pour trois fois. Rembourrer la pâte et attendre qu’elle redouble (avec cette chaleur la mienne a mis grosso modo 40 minutes!!)
Reprendre la boule, former 11 petites boules et laisser reposer encore 10 minutes.
Cependant commencer à chauffer l’huile dans une casserole qui va vous permettre une friture profonde.
Baisser chaque boule (en laissant les ronds quand même trois ou quatre millimètres de haut, ils ne doivent pas être subtils) en formant des ronds d’environ 15 centimètres de diamètre. Avec une emporte pièce enlever les milieux, vous les cuirez à part et c’est très rigolo, les petits pains frits que vous obtenez peuvent être rempli par exemple de mousse de mortadella, ou de ricotta aux herbes, ou de ce que vous voulez, voir photo.
Laisser encore reposer environ 5 minutes, commencer à frire, au fur et à mesure que le gnocchi sont prêts sortez les de la friture et enfilez les dans le manche d’une cuillère en bois, en les ayant préalablement salés sur la surface (ils sortent tellement chauds que le sel se dissout et va rester attaché)
Dégustez les chauds (la meilleure façon, même avec la chaleur) ou froids avec plein de charcuterie.
Je publie cette recette avant de l’oublier, car elle est vraiment originale par ses couleurs et ses différentes saveurs qui se marient à merveille. J’adore le tataki de saumon ou de thon (d’ailleurs, j’ai refait ce même plat une semaine plus tard en remplaçant le thon par du saumon) ; j’adore tout ce qui est japonais.
Je crains que la cuisine japonaise ne me plaise encore plus que la cuisine italienne, même si, malheureusement, je ne dispose pas de toutes les techniques et des couteaux nécessaires pour la réaliser. La cuisson « tataki » consiste à cuire rapidement le poisson de tous les côtés en laissant le cœur pratiquement cru, et nécessite l’utilisation de morceaux de poisson parfaitement frais. La crème Dubarry, par sa délicatesse, rehausse divinement la saveur du poisson, soulignée par le chorizo.
Ingrédients (6 personnes)
Pour le tataki de thon
900 grammes de filet de thon en un seul morceaux
100 grammes de chorizo
Deux cuillères à soupe de tamari ou de sauce soja
Une cuillère à soupe de miel
Une poignée de graines de sésame
Pour la crème Dubarry
Un chou fleur moyen
2 échalottes
15 centilitres de crème d’Isigny entière
20 grammes de beurre
Sel et poivre du moulin
Préparer la crème Dubarry. Éplucher le chou-fleur et le laver, puis le diviser en petits bouquets. Éplucher les échalotes et les ciseler. Dans une cocotte chaude, mettre le beurre et faire suer sans coloration les échalotes avec une pincée de sel. Ajouter le chou-fleur et le couvrir d’eau. Saler et cuire à ébullition pendant 15 minutes. Lorsque le chou-fleur est cuit, ajouter la crème puis porter de nouveau à ébullition. Mixer le tout finement, puis rectifier l’assaisonnement en sel et en poivre.
Hacher très finement le chorizo. Chauffer une poêle sans mettre d’huile, sauter le chorizo jusqu’à le faire devenir croustillant. Mélanger le miel, la sauce soya, les miettes de chorizo, les graines de sésame.
Enduire le filet de thon de cette sauce un peu collante. Chauffer une poêle anti-adhérente et cuire le filet environ deux minutes pour chaque part. Attention à ne pas surcuire car le cœur doit rester bien cru.
Dresser les assiettes. Sur le fond de chaque assiette poser quelques cuillères de crème Dubarry. Couper des tranches de poisson d’environ un centimètre de hauteur et les disposer sur la crème. Finir avec quelques tours de moulin de sel et de poivre, si vous voulez un filet d’huile d’olive.
Il y a quelques semaines, un client a choisi un lieu insolite pour l’activité de team building que nous devions réaliser ensemble : le siège de l’association « La Nuova Arca », situé dans la campagne romaine. J’ai craint à plusieurs reprises de m’être trompé d’adresse, à mesure que je m’approchais du lieu et que je m’éloignais de plus en plus de la ville de Rome. Or, c’était bien là que je devais me rendre, et j’ai découvert une sorte de paradis, avec des personnes profondément engagées dans des projets humanitaires, qui, en plus, cultivent leurs propres fruits et légumes et cuisinent divinement bien pour les personnes qu’elles accueillent.
Et j’ai trouvé l’idée de l’entreprise pour laquelle je travaillais vraiment formidable : plutôt que d’organiser l’activité dans un lieu classique, elle a choisi de contribuer aux causes de l’association (notamment, comme je l’ai découvert, par le biais du bénévolat de ses collaborateurs). À l’heure de la pause, deux magnifiques gâteaux faits maison ont fait leur apparition sur une longue table : l’un, un classique gâteau au chocolat, semblable à de nombreux desserts à base de chocolat et sans farine que l’on prépare également en France et dont vous pouvez trouver de nombreuses recettes, y compris celle de la famille de mon mari, sur le blog.
L’autre est celle dont je souhaite vous parler, car même si, à première vue, elle ne payait pas de mine, lorsque je l’ai goûtée, je l’ai trouvée étonnamment agréable, moelleuse, fondante, parfumée, bref, un véritable délice, à tel point que j’ai pensé la refaire en y ajoutant un nappage au chocolat, car je trouve le mariage orange-chocolat vraiment irrésistible.
Si, en revanche, vous n’êtes pas amateur de ce duo, vous pouvez aussi la laisser telle quelle : même si elle ressemble à un innocent et sec quatre-quarts, vous verrez à quel point elle est incroyable en termes de nuances de saveurs, sans parler de sa belle couleur jaune (je n’ai utilisé aucun filtre sur la photo que vous voyez). Je vous la présente dans ses deux versions, « nature » et recouverte de chocolat (oui je suis loin d’être patissière et ma couverture est bofbof y compris les taches sur l’assiette), à vous de choisir !
Ingrédients (8/10 parts environ)
250 grammes d’orange bio entière (une assez grosse entière ou une et demie)
200 grammes de sucre
250 grammes de farine
une cuillère à café de levure chimique
3 oeufs
100 ml d’huile d’arachide
Pour le glaçage
200 grammes de chocolat noir 70%
Une cuillère à soupe d’huile d’arachide
Bien laver et mouliner finement l’orange entière jusqu’à obtenir une purée bien lisse.
Monter les œufs avec le sucre environ 5 minutes pour qu’elles soient très fermes. Ajouter l’huile d’arachide, la purée d’orange, la farine tamisée avec la levure.
Beurrer une moule et enfourner dans le four chaud à 180°. Laisser cuire environ 35/40 minutes selon votre four, avant de finir la cuisson, faire le test avec un couteau pour voir si le gâteau est prêt.
Retirer du four, attendre 5 minutes avant de démouler.
Quand le gâteau est froid, faire fondre 2/3 du chocolat à 45 °. Enlever du feu et ajouter le tiers restant – c’est la procédure facile pour le glaçage miroir mais ça ne donne pas du tout le même résultat que la procédure qui est difficile (comme le mot lui-même l’indique) mais acceptable pour un dîner bonne franquette 😉
Laisser prendre le glaçage et emmener à table miam miam
Avant de vous présenter la recette de cette délicieuse lotte, je souhaitais vous raconter ce que j’ai fait ce matin, car cela est étroitement lié à la raison d’être initiale de mon blog, qui était de partager des recettes pour l’AMAP de Fontainebleau. Pour savoir ce qu’est une AMAP, je vous renvoie aux brèves explications en tête du blog, mais aussi et surtout aux sites spécialisés que vous pouvez trouver en utilisant le mot-clé AMAP sur Google. Je ne fais plus partie de l’AMAP depuis quelques années, car je manquais plus souvent les paniers que je ne les récupérais, mais en réalité, en y repensant, la raison principale a été le changement de lieu, la perte du grand hangar qui permettait une socialisation libre et tranquille, l’organisation de fêtes à thème, de cours de cuisine, en somme, tout ce qui tournait autour de la raison principale qui est de soutenir une agriculture locale, biologique et une consommation de saison. Mais je divague déjà.
La raison principale pour laquelle ce blog a été créé était donc d’aider les amis de l’AMAP à utiliser tous les légumes du panier, même les plus inhabituels, en variant les recettes, presque comme une action militante, mais dans le domaine de la cuisine.
Puis, au fil du temps, cet objectif a changé, a évolué, et ce blog s’est personnalisé et est devenu mon « cahier de recettes », perdant un peu de son âme initiale et gagnant, je l’espère, en qualité et varieté des recettes.
Ce que je voudrais vous raconter, c’est l’activité que j’ai réalisée ce matin, qui est en parfaite adéquation avec mon travail et avec cet engagement à transformer le monde à petits pas que j’avais pris au début lorsque j’ai décidé de lancer le blog. J’ai participé à un atelier intitulé « 2 tonnes », qui consiste en une simulation mettant en évidence l’impact de notre consommation, mais aussi de nos choix individuels et collectifs, sur l’objectif de réduire, d’ici 2050, nos émissions individuelles de CO2 à 2 tonnes par an. Je vous avoue tout de suite que moi, qui pensais être assez vertueuse, j’étais celle qui avait le plus grand impact, avec plus de 10 tonnes d’émissions, ce qui est supérieur à la moyenne des Français qui est d’environ 9 tonnes. En réalité, en matière d’alimentation, je suis plutôt en règle, je consomme peu ou pas de viande rouge (à l’exception du sanglier, qui est toutefois un animal sauvage et n’est donc pas pris en compte dans l’impact des élevages), principalement des produits locaux et du marché (donc peu ou pas d’emballages), mes déchets sont très réduits et très compostables, mais c’est le transport qui me pénalise le plus. Entre les déplacements professionnels (au moins deux par mois) et les déplacements personnels pour rejoindre ma famille et partir en vacances, je prends trop l’avion, ce qui gonfle mes résultats. Je recommande vivement cet atelier. En plus d’être divertissant et de ne pas nous culpabiliser, il nous fait vraiment réfléchir au pouvoir que nous avons, en tant que consommateurs, de contribuer à la création du monde dont hériteront nos enfants… Un monde qui, dans le pire des scénarios du GIEC, pourrait atteindre +5 °C en 2050, déclenchant des processus irréversibles et des rétroactions dévastatrices pour la biodiversité, le cycle de l’eau, le climat, etc., en somme une Terre qui risque de devenir invivable pour la génération de nos enfants et de leurs enfants.
Je vous raconte tout cela parce que j’espère pouvoir traduire ce que j’ai vécu ce matin en choix concrets. L’un d’entre eux, courageux, pourrait être d’arrêter de prendre l’avion, et je sais que c’est pour moi le plus douloureux, mais aussi le plus nécessaire si je veux vraiment réduire de moitié mon impact CO2: très difficile car je devrais renoncer à une grande partie de mon travail et à voir ma famille. Mais je vais être créative et imaginer des solutions pour cela aussi.
Ce qui concerne ce blog, c’est l’engagement à cuisiner de manière toujours plus saine, toujours plus biologique (mais cela se produit déjà depuis un certain temps), avec toujours moins de viande, et aussi de vous parler de cet atelier, car j’espère que certains d’entre vous seront tentés de passer une matinée différente. Je vous laisse le site sur lequel vous pouvez vous inscrire https://www.2tonnes.org/ en espérant vous avoir donné suffisamment d’informations pour vous donner envie !
Et maintenant voilà la lotte.
Ingrédients (8 personnes)
Une belle lotte d’environ 1 kg et 500 grammes, sans sa peau (faites-la retirer par le poissonnier)
1 chilo de pommes de terre
400 grammes de petites tomates
100 grammes d’olives noires
50 grammes de câpres
une belle pincée d’origan
huile d’olive vierge extra, sel, poivre
Couper les pommes de terre en rondelles d’environ 0,5 centimètre de haut à l’aide d’une mandoline. Les mettre une demi-heure dans l’eau, les égoutter et les sécher très bien à l’aide d’un torchon propre. Les mettre après dans un bol et ajouter deux cuillères d’huile d’olive vierge extra, en mélangeant bien les pommes de terre. Saler.
Les mettre au four à 180° pendant une quinzaine de minutes.
Cependant, couper les petites tomates en deux, les mettre dans un bol, ajouter les olives, les câpres, ajouter un filet d’huile d’olive, parsemer d’origan, saler légèrement, bien mélanger.
Enlever la casserole qui est au four avec les pommes de terre qui étaient en train de cuire. Mélanger les pommes de terre, celles du haut auront déjà une petite croûte. Poser sur les pommes de terre le mélange de tomates, olives, capres. Poser le poisson sur tout cela. Saler et passer un filet d’huile d’olive sur le poisson. Remettre au four pendant encore environ 40 minutes (ça dépend du poids du poisson).
À la sortie du four couper le poisson, régler le sel, rajouter quelques tours de moulin de poivre.
Portionner et servir la garniture sur chaque assiette en posant dessus la portion de lotte.
Et me voilà déjà en train de me contredire, car après avoir expliqué hier que je ne faisais pratiquement plus de gâteaux, je fais aujourd’hui tout le contraire, mais j’ai une bonne raison : c’est l’anniversaire de ma fille aînée, qui prépare ses examens et ne pourra donc pas le fêter avec nous. Nous allons la rejoindre dans son centre de prépa et lui apporter le gâteau sans lequel je ne peux imaginer les anniversaires de mes filles (chercher « ciambellone » sur le blog ou cliquer ici). En plus du gâteau, elle m’a demandé de lui apporter du granola.
Bien que je n’approuve pas vraiment ce type de petit-déjeuner (n’est-il pas préférable de manger une omelette, ou du poisson, ou autre chose plus substantieuse), j’ai essayé de faire une exception à mes principes alimentaires et je lui ai préparé ce granola qui est étonnamment bon. J’ai dû le gouter avant de le lui apporter et de le publier oups!
En réalité, pour être honnête, je ne vois pas vraiment l’intérêt de la faire maison, mais ma fille aînée m’a transmis une recette et j’ai eu envie de l’essayer… Que dire, le résultat, comme je vous le disais, est excellent, mais ce qui me laisse perplexe, c’est le coût de l’opération : entre les pépites de chocolat, l’avoine bio, le sirop d’érable, la crème de cacahuète etc., deux pots coûtent environ 15 €.
J’ai alors regardé le prix d’un granola très similaire, chez Biocoop, qui coûte 5 € de moins. En conclusion, pour le goût, cela en vaut certainement la peine, mais en termes d’économie, j’ai quelques doutes sérieux !
Ingrédients (2 grand pots)
320 grammes de flocons d’avoine complète
140 grammes de sirop d’érable bio
150 grammes de purée de cacahuète bio
Les graines d’une belle gousse de vanille
Une bonne pincée de cannelle en poudre
Une poignée de pépites de chocolat noir 74% (prenez celles qui sont plus petites, Biocoop les avait finies et j’ai donc dû prendre les grosses et les passer au couteau)
Allumer le four à 160° pour le réchauffer.
Dans un grand bol mélanger la purée de cacahuète, le sirop d’érable, la vanille, la cannelle. Ajouter en trois fois les flocons d’avoine. Bien mélanger.
Sur une plaque couverte de papier cuisson détendre ce mélange en le nivelant avec une spatule pour qu’il cuisse uniformément.
Laisser cuire au four pendant une vingtaine de minutes (contrôler de temps en temps pour qu’il ne brûle pas). Environ à moitié cuisson le casser et remuer.
Enlever du four, laisser refroidir.
Avant de mettre dans des bocaux ajouter les pepites de chocolat.