L’autre jour, je me promenais, absorbée par la contemplation des différentes variétés de produits, de restaurants et de magasins d’alimentation, rue Lévis à Paris, en attendant ma fille. À un moment donné, je suis passée devant une boulangerie dont la vitrine présentait de magnifiques créations, pour moitié des tartes fines aux pommes, pour moitié des strudels, d’un aspect que l’on voit rarement en France. J’ai eu une sorte d’« effet madeleine ». Je me suis retrouvée assise à table, à attendre mon père, de retour de la librairie Cattolica. En effet, mon père, ce grand original qu’il a toujours été, alors que les pères normaux allaient au café le soir, retrouvait ses amis à la librairie et discutait avec eux pendant des heures de politique, d’économie, mais aussi, au fil des années, des maladies de l’un ou de l’autre, de ceux qui étaient décédés, etc. Bref, avant de me perdre pour la énième fois, la vue de ce gâteau m’a immédiatement ramenée dans le passé, car j’ai retrouvé ce parfum et revu ce petit paquet jaune orné d’un ruban que mon père déposait sur la table à son retour, et qui contenait le fantastique strudel de la boulangerie Pirazzini d’Imola. Ce précieux petit paquet arrivait environ une fois par mois pendant l’hiver et donnait lieu à des dîners festifs, dans l’attente de pouvoir tirer sur le ruban qui fermait son précieux contenu pour le déballer, en sentir le parfum, admirer la beauté brillante des pommes, les petits morceaux de pâte feuilletée qui se détachaient parce qu’ils étaient restés collés, et anticiper le régal pour les papilles une fois la contemplation finie et la dégustation commencée.
Pour en revenir à ma promenade, depuis que j’ai vu le strudel en vitrine rue Levis je n’ai eu qu’une pensée: comment pouvoir le reproduire ? Je me suis mise à l’œuvre et voici ce que j’ai obtenu…pas vraiment similaire à mon souvenir mais vraiment vraiment délicieux et parfumé comme dans mes souvenirs. En le faisant j’ai eu des idées et j’ai ajoutés des ingrédients qui n’étaient pas présents dans celui de mon enfance…le résultat a quand même épaté mes invités!
Ingrédients (8/10 personnes)
Pour la pâte feuilletée maison j’ai utilisé comme d’habitude la recette « pâte feuilletée simplifiée » de Christophe Felder que vous trouvez (click) ici
Pour la farce
- Sis pommes à tarte
- Une bonne poignée de poudre d’amandes
- Une bonne poignée de noix
- Une bonne poignée de raisins secs
- Les grains d’une gousse de vanille
- 30 grammes de beurre
- Une cuillère à soupe de cannelle en poudre
- Zestes de citron
- Un demi verre de rhum (pour réhydrater les raisins secs)
- Environ 50 grammes de sucre roux
- Faire tremper les raisins secs dans le rhum
- Allumer le four à 200°
- Baisser la pâte sur une feuille de papier sulfurisé parsemé de sucre, en formant un rectangle
- Au milieu du rectangle parsemer la poudre d’amandes. Poser les noix et les pommes nettoyée, épluchées et coupées en quartiers.
- Poser quelques petites coquilles de beurre sur la farce
- Egoutter les raisins sec et les parsemer sur les pommes. Saupoudrer abondamment de cannelle.
- Fermer le strudel en rabattant les bords sur la farce.
- Mélanger le sucre roux avec les grains de vanilles et les zestes de citron et distribuer partout, y compris sur les bords.
- Transférer le tout au frigidaire pendant une demie heure (comme ça la pâte aura un grand choc thermique et va bien feuilleter une fois au four)
- Reprendre le strudel, le mettre au four 200° pendant 10 minutes, baisser le feu à 180° et laisser cuire pendant 30 minutes environ.
- Sortir du four et laisser refroidir sur une grille. Le jour après est bien sur meilleur mais difficile résister!














