Sauce verte de Bologne

La sauce verte, ensemble avec les patates « sableuses » d’il y a quelques jours, est un autre des grands classiques de la cuisine bolognaise festive. Son complément idéal est la viande, qui a cuit dans l’eau du bouillon (chapon, boeuf, langue etc), avec laquelle elle s’accompagne merveilleusement, en rehaussant la saveur et en ajoutant cette douceur qui, surtout si la viande a été ajoutée en début de cuisson au bouillon et donc avec l’eau froide, a été perdue au cours de la longue cuisson. Comme pour toutes les recettes traditionnelles…faut-il le dire ? chaque famille a sa propre version et j’ai été témoin de furieuses disputes dans les groupes facebook dédiés à la cuisine sur le thème « l’œuf y va-t-il ou non, la carotte y va-t-elle ou non… » et autres balivernes. L’idée est de réaliser une sauce très verte (le nom lui-même le dit) avec un mélange de saveurs vaguement vinaigrées et salées. Celui entre les viandes bouillies et la salsa verde est un de ces mariages dont je ne peux me passer, inévitablement une saveur appelle l’autre à ma mémoire. Je n’ai accepté une variation qu’une seule année, celle où ma chère amie Alessia, une authentique Véronèse, m’a fait goûter leur sauce pour viande bouillie, l’infiniment bonne « pearà » que je referai tôt ou tard et dont je vous donnerai la recette. Pour l’instant, je vous recommande vivement d’essayer cette « salsa verde », vous ne l’abandonnerez plus !

Ingrédients (une généreuse tasse de sauce)

  • une bonne poignée de câpres marinées au vinaigre (les petits bocaux du commerce font parfaitement affaire)
  • une botte de persil
  • une gousse d’ail dégermé
  • un pot de jardinière au vinaigre
  • quelques cornichons
  • 1/2 échalotte
  • 2 anchois
  • abondant huile d’olive vierge extra
  1. Mettre tous les ingrédients dans le mixeur, en réglant l’huile d’olive (n’ajouter surtout pas de sel, les anchois et les câpres sont suffisant pour donner de la saveur)
  2. Mettre dans le bocal de service. Elle se conserve quelques jours au frigidaire.
Publié dans Accompagnement | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Les brioches au levain qui auraient dû être des donuts

Je voulais faire des donuts. J’avais trouvé la bonne recette, convaincante, avec le bon timing de pousse. Le levain était vif et motivé, les farines étaient les bonnes, bref, tout indiquait que pour le petit déjeuner du dimanche matin, nous mangerions des beignets. Mais il manquait une chose. Malgré des recherches minutieuses, mes cylindres de pâte sont restés introuvables et j’ai donc décidé de faire un trou avec mes doigts dans chacune des boules qui devaient devenir des donuts. Mais, peut-être que le trou n’était pas si grand, peut-être que j’ai mis trop de pâte dans chaque beignet, peut-être que la levure était tellement vivante qu’elle a poussé plus que je ne l’aurais cru… quand j’ai sorti du four mes ex donuts, avec cette espèce de trou mal fait et refermé au milieu, eh bien ils m’ont fait penser à tout sauf aux donuts. Donc, comme j’avais déjà préparé les glaçages, je les ai quand même utilisés. Les petites brioches sont très bonnes, molles, parfumées et personne ne s’est plaint, à la maison, de la création alternative, au contraire, ils ont souhaité beaucoup d’erreurs comme celle-ci pour les futurs petits déjeuner! Recette avec beaucoup de variations en provenance du site italien du producteur de biscuits « Matilde Vicenzi » et miam pour ses amaretti ! PS je vais revenir sur les donuts, je vous promets vous les aurez!!

Ingrédients (7 brioches)

  • 1 œuf à température ambiante
  • 175 ml de lait entier tiède
  • 120 g de sucre
  • 350 g de farine (250 g Manitoba + 100 g 00)
  • 160 g de levain en entrée ou 20 g de levure de bière
  • 100 g de beurre à température ambiante
  • 2 cuillères à café d’extrait de vanille ou les graines de ½ une baie
  • 1 pincée de sel

Pour le glaçage

  • 50 grammes de sucre glace
  • 1/2 blanc d’œuf
  • quelques gouttes de citron
  • 100 grammes de chocolat fondu 70%
  1. Placez ¾ de la farine en tas sur une planche à pâtisserie. Versez tous les ingrédients au centre (y compris le levain dissous dans un peu de lait chaud) sauf le beurre et commencez à pétrir. Pétrir la pâte jusqu’à ce qu’elle soit homogène.
  2. Ajouter le beurre, petit à petit, et continuer à pétrir jusqu’à ce que la farine ait tout absorbé.
  3. Ajouter le reste de la farine, jusqu’à ce que la pâte soit élastique et brillante, pas trop collante.
  4. Façonner la pâte en boule et la laisser lever jusqu’à quand elle aura doublé de volume (avec ce froid il pourrait y vouloir 5/6 heures).
  5. Après le temps nécessaire, dégonflez la pâte et étalez-la sur une planche à pâtisserie légèrement farinée jusqu’à ce qu’elle ait environ 2 centimètres d’épaisseur.
  6. Avec un emporte-pièce d’environ 7 cm de diamètre, découpez plusieurs ronds et percez-les au centre avec vos doigts (c’est la que pour moi ça n’a pas marché et j’ai obtenu des brioches)
  7. Placez celles que dorénavant seront appelées ‘brioches’ adios  les donuts, bien espacés sur une planche tapissée de papier sulfurisé et laissez-les lever pendant toute la nuit ou 7/8 heures (avec ces températures pas des risques de dépasser les temps).
  8. Préchauffez le four à 200°C.
  9. Une fois prêt, faites cuire pendant environ 10 minutes ou jusqu’à ce que les brioches soient légèrement dorés et bien gonflées. Retirer du four et laisser refroidir complètement
  10. Cependant fabriquer les deux glaçages. Ajouter au sucre glace le blanc d’œuf et le citron et bien mélanger jusqu’à obtention d’une pâte fluide. Faire fondre à bain marie le chocolat. Glacer la moitié des brioches avec le glaçage blanc et les autres avec le chocolat. Laisser bien prendre les glaçages et prendre le petit déjeuner !
Publié dans Petit déjeuner | Tagué , , , , | 10 commentaires

Pommes de terre rôties parfaites!

Ces pommes de terre, également appelées « sabbiose » (sableuses) à Bologne, accompagnent parfaitement les rôtis de viande et de poisson, et sont vraiment spéciales.

Ingrédients (pour 4 personnes)

  • 1 kilo de pommes de terre à rôtir
  • 200 grammes de vieux pain râpé (si vous voulez vous pouvez faire un mélange avec du parmesan mais moi j’aime plus que avec du pain)
  • 3 ou 4 branches de romarin frais
  • sel
  • 2 gousses d’ail
  • Abondant huile d’olive vierge extra
  1. Peler et couper les pommes de terre en morceaux. Cuire les pommes de terre pendant 5 minutes dans de l’eau bouillante. Les sortir et bien les égoutter.
  2. Allumer le four 200°
  3. Hacher le romarin et l’ail, mélanger avec le pain râpé, saler.
  4. Passer les pommes de terre abondamment dans le mélange jusqu’à quand elles sont bien recouvertes et les mettre dans une plaque allant au four. Arroser d’abondant huile d’olive et mélanger délicatement en cherchant de ne pas enlever la chapelure. 
  5. Mettre les pommes de terre dans le four bien chaud et cuire pendant 35/40 minutes jusqu’à quand elles seront bien dorées.
  6. A la fin du temps servir bien chaudes
Publié dans Accompagnement, Uncategorized | Tagué , | 6 commentaires

Poulpe rôti sur crème de brocoli et poireaux

J’ai encore pleins de vieilles recettes que je dois partager mais j’ai eu un mois de janvier très busy d’un point de vue professionnel…le transfert sur support digitaux de mon boulot fait que je dois repenser, redesigner, re…plusieurs choses et je me retrouve à travailler des soirs, à me réveiller très tôt le matin et à avoir l’impression que ce n’est jamais assez. Et encore, si je regardes autour de moi, je penses que je suis heureuse et je préfère ne pas me plaindre et remercier le ciel que je peux travailler. Je ne veux pas polluer trop mon blog avec cela et je reviens donc en grand vitesse à cette recette absolument délicieuse!!! Je sais que j’avais promis d’arrêter avec le poulpe, maintenant en plus suspecté d’être une créature aliène dotée d’exceptionnels pouvoirs. C’est la faute de ma nature italienne (comme une copine a commenté sur Instagram en voyant la photo du céphalopode « c’est bien italien cela! ») et c’est la « faute » de la dissonance cognitive : la consommation de poulpe est contraire à mes valeurs, mais mes comportements sont incohérents…

Je vous partage quand même cette recette dissonante mais oh que délicieuse dans l’attente de trouver un moyen de me libérer de ma dépendance de la consommation du poulpe 🙂

Ingrédients (2 personnes, c’était la soirée « restaurant » avec Matthieu)

  • 1 poulpe (le mien était congelé et de 2 kilos, deux caractéristiques qui font qu’ils sont bien plus tendres – 4 tentacules sont finis dans ce plat, le reste dans une délicieuse salade poulpe pomme de terre)
  • 1 brocoli moyen
  • 1 poireau
  • une poignée de graines de pomme grenade
  • une gousse d’ail
  • huile d’olive
  • sel et poivre du moulin
  1. Bien à l’avance. Comment cuire le poulpe? Faire cuire le poulpe avec la procédure que vous trouvez ici click, la meilleure jamais expérimentée, donnée par un pêcheur et jamais plus abandonnée, celle qui donne THE poulpe tendre et savoureux en en préservant toutes les nuances de gout.
  2. Faure la purée de brocoli et poireaux. Couper le poireaux en lamelles en n’ayant pas peur d’arriver jusqu’au vert. Mettre une cuillère d’huile d’olive au fond d’une poêle et y faire revenir le poireaux pendant 2 minutes. Cependant délayer le brocoli en fleurs et l’ajouter dans la poêle. Mouiller avec un demi verre d’eau, couvrir et laisser aller pendant une dizaine de minutes, en salant légèrement. 
  3. Quand le poulpe a bien refroidi dans son eau, le prélever en l’égouttant, couper les tentacules qui vous sert et faire la salade du précèdent billet avec le reste. Mettre les tentacules à mariner dans un plat avec une gousse d’ail coupée en lamelles fines et deux cuillères d’huile d’olive vierge extra, en les retournant de temps en temps. 
  4. Avant de servir mettre les tentacules à griller au four pour 2 minutes (pas plus, si non ils se dessèchent! ) poser quelques cuillères à soupe de purée sur le fond de l’assiette de service, poser deux tentacules par personnes sur la purée, parsemer de graines de pomme grenade et de poivre, servir aussitôt. 
Publié dans Entrée, Uncategorized | Tagué , , , | 6 commentaires

Ficelles « pizzaiola » à l’excès de levain

Ces ficelles ont un goût que mes filles ont immédiatement reconnu comme « italien » rassemblant fortement à celui des fameuses « pizzette del centro », c’est-à-dire le magasin de « pizza al taglio » qui est une destination régulière de nos pèlerinages lorsque nous allons à Imola pour rendre visite à ma famille, ou ce qu’il en reste. Et j’ai dit que nous y « allons » mais maintenant ça devient « nous y allions ». Je ne veux pas entrer dans le thème de COVID, la situation est déjà assez triste sans que je me plaigne ici mais bon…ne pas pouvoir retourner dans son propre pays je pense que c’est un ajout à la lourdeur générale de la situation.

Pour ne pas être triste, je vais passer à la description de ces délicieuses ficelles. Ce ne sont pas des pizzas, mais elles serviront plutôt à enrichir et à égayer votre corbeille à pain et, en tant que pain, elles se consomment, accompagnées, par exemple, d’une planche de charcuterie ou de fromages. Mes filles en sont folles, elles les utilisent pour le goûter ou le petit déjeuner, mais aussi comme en-cas à emporter à l’école. Essayez-les, vous ne le regretterez pas!!!

Ingrédients

  • 100 grammes d’excès de levain du jour avant, bien actif
  • 40 grammes de saindoux (ou moitié moitié entre huile d’olive et beurre si vous ne mangez pas de porc)
  • 1 cuillère à soupe de miel
  • 120 grammes de lait à température ambiante
  • 120 grammes d’eau
  • 400 grammes de farine Manitoba (ou 00) environ, vous verrez selon absorption de l’eau)
  • 20 grammes de sel
  • huile d’olive vierge extra
  • 1 boite de tomates concassés
  • origan
  1. Le matin. Dans le robot pâtissier, dissoudre l’excès de levain avec le lait, l’eau, le miel. Ajouter la farine et le sel et travailler jusqu’à obtenir une boule bien lisse. A ce point ajouter le saindoux (ou le beurre, si vous l’avez faite avec moitié huile d’olive et beurre vous aurez ajouté l’huile au tout débout parmi les liquides. Continuer à travailler encore quelques minutes. La boule doit être lisse et se détacher des bords du robot.
  2. Poser la boule dans un bol légèrement huilé et la laisser redoubler. Les temps pour faire cela vont beaucoup varier, selon le gluten contenu dans votre farine (si vous avez fait moitié moitié Manitoba et 00 ça devrait prendre environ 3 heures, mais ça pourrait être plus en relation à l’humidité, la température externe, etc. L’idéal c’est de mettre dans un bol où vous arriverez à voir quand le processus de pousse est à son azimut et donc la pâte redoublée.
  3. Huilez le fond d’une plaque à four. Prélevez maintenant des morceaux de pâte d’environ 80 grammes de la boule et étirez-les en les retournant légèrement pour composer les ficelles. Posez chaque ficelle sur la plaque. Laisser encore redoubler (cette opération peut prendre 5/6 heures, parfois plus. Attention à bien observer pour éviter que les ficelles passent la pousse et qu’elles prennent un odeur (et après aussi une consistance) désagréable.
  4. Fini cette opération, distribuez sur chaque ficelle abondante sauce tomate, parsemez d’origan, finir avec un filet d’huile d’olive.
  5. Allumer le four 200° et cuire les ficelles pendant 15/20 minutes, en contrôlant la cuisson de temps en temps. Si elles sont légèrement noircies elles sont meilleures mais c’est une question de gouts. 
  6. Quand la cuisson est finie, enlever du four et laisser refroidir sur une grille. Consommer comme du pain (mais delicieux)!

Publié dans Apéro | Tagué , , , , , | 3 commentaires

Tarte au chocolat très chocolatée d’Ernst Knam

Attention, ceci est réservé aux vrai.e.s amatrices et amateurs de chocolat ! Mais si vous entrez dans cette catégorie, faites absolument cette tarte car vous l’apprécierez beaucoup. J’ai obtenu la recette sur le site italien Dissapore, et elle est parfaite même pour celles et ceux qui, comme moi, n’aiment pas vraiment faire des recettes de pâtisserie (en revanche, j’adore les manger). Comme d’habitude, ma tarte n’est pas vraiment parfaite dans son aspect mais elle est vraiment très très bonne !

Ingrédients (moule de 22 centimètres)

Pour la pâte sablée 

  • 1oeuf
  • 150 grammes de beurre (pommade)
  • 150 grammes de sucre
  • 280 grammes farine 00
  • 25 grammes cacao amer en poudre
  • 6 grammes levure en poudre pour gâteaux
  • les grains d’une demie gousse de vanille
  • 1 pincée de sel

Pour la crème pâtissière

  • 2 jaunes d’oeuf
  • 40 grammes de sucre
  • 250 grammes de lait entier
  • 5 grammes fécule de pomme de terre
  • 15 grammes farine
  • 1 gousse de vanille

Pour la ganache au chocolat

  • 125 grammes crème fraiche
  • 190 grammes de chocolat noir (le mien 80%)
  1. La pâte sablée. Travaillez le beurre avec le sucre semoule et les grains de la gousse de vanille jusqu’à obtenir un mélange homogène. Ajouter l’œuf et le sel et pétrir à nouveau le mélange jusqu’à ce que l’œuf soit complètement absorbé. Ajouter la farine tamisée avec  la levure chimique et le cacao non sucré et pétrir légèrement et rapidement pour obtenir une pâte lisse. Enveloppez la pâte dans un film plastique et laissez-la reposer au réfrigérateur pendant environ 4 heures.
  2. La crème pâtissière. Faire bouillir le lait avec la gousse de vanille ouverte, le retirer du feu et le laisser reposer pendant 10 minutes. Dans une casserole en acier à bord épais, mélangez les jaunes d’œufs et le sucre, remuez puis ajoutez la farine et la fécule. Remuez à nouveau. Ajouter le lait filtré au mélange d’œufs et remuer sans interruption pour éviter la formation de grumeaux. Apporter sur le feu et laisser épaissir en remuant constamment. Retirer du feu et laisser refroidir complètement.
  3. La ganache au chocolat. Portez la crème à ébullition, retirez du feu, ajoutez le chocolat noir râpé et remuez pour que le chocolat fonde complètement. Laissez refroidir.
  4. La préparation de la tarte. Allumer le four 180°. Beurrer le moule à gâteau. Baisser environ 2/3 de la pâte sablée sur une hauteur d’environ 8 millimètres. A l’aide du rouleau à pâtisserie poser la pâte dans le moule beurré, presser légèrement pour bien la faire adhérer et enlever l’excès. Baisser le reste de la pâte et en retailler des lanières que vous poserez ensuite sur la surface de la tarte en les croisant. Quand la crème pâtissière et la ganache ont les deux bien refroidies les mélanger et remplir avec cet appareil le fond de la crostata. Poser les lanières sur la surface en les croisant. Mettre la tarte à cuire pendant environ 40 minutes. Laisser refroidir 10 minutes une fois sortie du four, démouler, laisser complètement refroidir et servir. Le jour après, si elle y arrive, elle est bien meilleure!!

Publié dans Dessert | Tagué , , , | 10 commentaires

Tortellini

Et après plus de dix ans de blogging, voici mes tortellini. Ou plutôt, mes premiers tortellini. Lors de mon premier Noël passé loin de l’Italie, de mes racines, de ma famille d’origine, si j’avais dû abandonner même cette tradition, cela aurait été encore plus triste. Alors, vive la technologie, qui a permis à ma mère d’être connectée sur Skype et de m’apprendre pas à pas à faire ces tortellini dont je suis particulièrement fière et qui, tant par leur forme que par leur goût, rappellent beaucoup les siens. Ses tortellini que je l’ai vue préparer, à partir de la mi-décembre plus ou moins chaque année, en grande quantité pour célébrer les fêtes de fin d’année. Assise à côté de ma mère, je l’ai vue préparer la garniture, la pâte, découper les carrés, les remplir, les plier en diagonale et les tourner autour de son index pour obtenir ce petit chef-d’œuvre de perfection, « le nombril de Vénus », comme on l’appelle aussi. Petits, comme ils les aiment à Bologne, bien fermés pour éviter la catastrophe quand on les cuit, si possible tous pareils. Cette année, j’ai regretté le fait que je regardais ma mère tous les temps et je n’ai jamais eu le courage ou vaincue la paresse pour lui demander de les faire ensemble, de peur de ne pas réussir (mais aussi pas particulièrement encouragée par elle, maman n’a jamais été une grande motivatrice :-). Chez moi, avec les tortellini, j’ai préparé un fabuleux bouillon de chapon pour les faire cuire (pas d’hérésie comme de les faire sans bouillon, ou pire avec de la crème fraîche, comme on le faisait à un certain moment de confusion culinaire dans les années 80, hélas aussi à Bologne. L’odeur du bouillon accompagne bien la fabrication, et la lente ébullition de la marmite pleine d’odeurs et de viande suit bien le rythme, lent. Je comprends pourquoi, dans les magasins, les tortellinis coûtent si cher. Le travail est important mais le geste toujours le même, une fois appris, permet de se livrer à des rêveries et quand on se réveille les tortellini sont prêts !

Dans la suite je vous donne la recette officielle prise par la parchemin de la « Dotta Confraternita del Tortellino » et, entre parenthèses, les doses et la procédure de ma famille, car comme aussi spécifié dans la dite parchemin, il y a une recette officielle et des milliers de recettes différentes pour chaque famille, qui se transmettent le long des générations. Pour ce qui est de la farce il y en a qui la font cuite et de ces qui la laissent crue. C’est le seul point pour lequel j’ai suivi la recette originale, j’ai cuit la viande de porc et j’ai mal fait car la recette de ma mère, qui laisse la farce crue, donne un résultat beaucoup plus onctueux et une meilleure adhérence de la farce à la pâte.

Ingrédients (environ 1000 tortellini)

Recette officielle Confraternita del Tortellino (entre parenthèse ma recette de famille)

Pour la pâte

  • 3 oeufs 
  • 300 grammes de farine 

Pour la farce

  • 300 grammes d’échine de porc haché rissolé dans le beurre (dans ma famille, cru)
  • 300 grammes de mortadelle hachée
  • 300 grammes de jambon cru haché (dans ma recette seulement 100 grammes + 200 grammes de blanc de poulet, ma mère le laisse cru moi je l’ai rissolé avec le porc)
  • 450 grammes de parmesan râpé (pour moi 300 grammes)
  • 3 œufs (battez-les et ajoutez les petit à petit si vous faites ma version car, avec 150 grammes de parmesan en moins 3 œufs complètes risquent de donner un résultat trop collant)
  • si vous aimez, noix de muscade, quelques tours

Pour le bouillon

  • 1/2 chapon élevé en plein air
  • Des os pour bouillon
  • 1 kilo de viande bovine pour bouillon
  • 1 carotte, une branche de cèleri, 1 oignon
  • sel
  1. Le bouillon. Ma mère soutient que, pour obtenir un très très bon bouillon, il faut mettre la viande bovine à froid et mettre la casserole avec 5 litres d’eau sur le feu. Au contraire, la viande est à ajouter une fois que l’eau arrive à ébullition pour qu’elle reste meilleure. J’ai choisi l’option « bonne viande ». Mettre donc une grande casserole pleine d’eau sur le feu avec la carotte, l’oignon, le cèleri et laisser arriver à bouillir Insérer alors la viande bovine et les os et laisser bouillir environ 2,30 sur un feu très doux, en enlevant l’éventuelle écume de temps en temps. Passé ce temps insérer le chapon et laisser aller encore environ 1h15. J’ai enlevé le chapon après ce temps, je l’ai réservé ensuite et passé au four avec légumes le jour après encore 15 minutes pour le dorer. Il était délicieux, avec les pommes de terre au four à la bolognaise que je vais publier les jours prochains! Quand le bouillon a fini de cuire, enlever les morceaux de viande est les légumes, filtrer. S’il fait froid mettre dehors à refroidir toute la nuit. Le matin après la graisse se sera solidifié et vous pourrez la retirer facilement avec une grande cuillère pour avoir un bouillon maigre et très bon !
  2. La farce. Mélanger tous les ingrédients hachés (cuits ou cru, regarder dans la liste d’ingrédients pour les variantes), il faut obtenir une grosse boule qui se tient car si la farce est trop humide les tortellini s’ouvriront à la cuisson. 
  3. Les tortellini. Ici les choses se font plus difficiles. Travailler les œufs avec la farine pour obtenir une boule homogène. Laisser reposer une demie heure la boule sous un bol. Baisser la pâte très très fine au rouleau ou à la machine à pâte, en arrivant jusqu’à la dernière tache. Moi j’adore le faire avec le rouleau mais c’est du sport! Si vous le faites à la machine n’hésitez pas à repasser les grandes lanières au rouleau pour donner un aspect plus rugueux au résultat final. Une fois que vous avez bien détendu la pâte,  couper des carreaux de 3 centimètres de long. Prendre chaque carreau poser au centre une petite quantité de farce. Plier le long de la diagonale (en formant un triangle). Rouler ce triangle autour de votre doigts index, en fermant les deux extrémités très fort pour éviter que les tortellini s’ouvrent pendant la cuisson. 
  4. La cuisson. Prendre votre bouillon dégraissé. Le faire bouillir, en réglant le sel si c’est le cas. Verser les tortellini dedans, en les laissant cuire environ 3 minutes. Bien sur ne pas égoutter!!! 🙂 Servir dans des bols à soupe quand ils sont bien chauds. 
Publié dans Pasta, Plat principal | Tagué , , , , , , , | 8 commentaires

Patate douce en croute de graines

Ce mois-ci, le blog vous paraîtra un peu contradictoire, entre les recettes hypercaloriques des vacances et les recettes de désintoxication de janvier :-). Et nous voici avec la première de la série super détox mais très bon, car s’il y a une chose qui me rend triste, c’est… de manger des choses tristes et cette croute de grains autour de la patate que de la voir me donne envie de la croquer !

Ingrédients (2 personnes en plat principal)

  • 2 patates douces moyennes
  • huile d’olive vierge extra
  • graines de lin broyés une grosse pincée
  • algues nori brisées une grosse pincée
  • graines de sésame une grosse pincée
  • graines de chia une grosse pincée
  • une cuillère à soupe de paprika
  • sel et poivre
  1. Allumer le four 180°. Bien nettoyer à la brosse les patates douces, sans enlever la peau et les masser avec de l’huile d’olive.
  2. Mettre les patates à cuire au four pendant 40 minutes. Avant de les retirer du four faire un test avec un couteau pour bien vérifier que le couteau rentre sans obstacles. Les patates ne doivent pas se défaire mais elles doivent être cuites. 
  3. Préparer un mélange avec les graines et la paprika en rajoutant un peu d’huile, de sel et un peu d’eau. Le mélange doit être assez collant. 
  4. Peler maintenant les patates et les rouler, une par une, dans le mélange de graines et d’huile d’olive. Les remettre au four pendant une dizaine de minutes pour que les graines soient bien dorés. Servir très chaud en coupant en tranches. 
Publié dans Accompagnement, Entrée | Tagué , , , , | 8 commentaires

Ricciarelli de Sienne version facile


Si vous voulez la vraie recette allez voir sur mon billet précédent, qui donne un résultat je trouve plus subtil mais avec une préparation beaucoup plus laborieuse. Vous trouverez ici une version absolument convenable, beaucoup plus simple à réaliser, qui peut très bien servir pour un cadeau de Noël de dernière minute. Une seule recommandation : respectez le temps de repos, car il est vrai que ces pâtes prennent un très bon goût lorsque tous les ingrédients sont bien mélangés et ont eu le temps de fusionner leurs arômes.

Ingrédients (environ 30 ricciarelli)

  • 200 grammes d’amandes de bonne qualité (Sicile elles sont très bonnes, mais Provence aussi), réduites en poudre
  • Les blancs de 2 œufs
  • 200 grammes de sucre glace + environ 250 grammes pour la finition
  • 1 cuillère à café de jus de citron
  • les zestes d’une orange bio
  • Les grains d’une gousse de vanille
  • une cuillère à café d’extrait d’amande amère
  • 2/3 cuillères d’eau pour la finition
  1. Fouette légèrement les blancs d’œufs, ajoutez le jus de citron, les zestes d’orange, l’extrait d’amande amère, les grains de vanille en mélangeant bien le tout
  2. Ajouter le sucre glace et la farine d’amandes tout en mélangeant pour obtenir une pâte homogène et souple. Envelopper cette pâte avec un film plastique et laisser reposer au frigo au moins 24 heures. 
  3. Passé ce temps, parsemer le plan de travail avec la moitié du sucre glace, prendre la pâte et former un long « serpent » d’environ 3 centimètres de large. Couper, de ce serpent, des morceaux d’environ 2 cm de haut. Aplatissez-les légèrement, en donnant comme une forme d’un gros haricot. Passer encore une fois les biscuits dans le sucre glace et poser sur une plaque à four recouverte de papier sulfurisé. 
  4. Allumer le four 150°
  5. Procéder jusqu’à la fin de la pâte, en continuant à disposer les biscuit dans des plaques couvertes de papier à une distance de quelques centimètres les uns des autres. Avant d’enfourner mouillez vous les mains légèrement avec l’eau (elles ne doivent pas être coulantes) et passez-les légèrement sur la surface des biscuits. Distribuer après le sucre restant en le divisant sur tous les biscuits
  6. Cuire les premiers 5 minutes à 150°, augmenter à 170° pendant 5/6 minutes, vous verrez les caractéristiques crèves qui se forment sur la surface, ensuite baissez la température à 160° e laisser les biscuits encore environ 5/6 minutes pour un total de 18 minutes en tout. 
  7. Fini ce temps poser les biscuits, qui seront encore un peu souples, sur une grille pour les laisser refroidir. Vous verrez, en les refroidissant, ils vont encore un peu durcir. 
Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Petites maisons en pain d’épices de Charlotte

Bien sur ce n’est pas moi qui a réalisé tout cela 🙂 moi j’aurais pris poche à douille, biscuits, Smarties, glaçage et j’aurais été tellement en furie que j’aurais tout pris et tiré le joli village encore en production dans le jardin. Ma fille Charlotte, la créatrice du village, lorsque je lui ai proposé, à un certain moment, de l’aider pour aller plus vite et me voyant au travail, a rapidement repris les outils du métier de mes mains avec un regard de compassion et elle a continué, imperturbable, à dessiner de jolis gribouillis de neige, des chemins couverts de grains colorés, des toits en arabesques, des fenêtres glacées, des bonhommes de neige en pâte d’amande, des arbres de Noël décorés. Si vous avez envie de passer la semaine de Noël dans une activité ludique avec vos enfants, la question clé à vous poser est d’abord « quelle est la solidité de mes nerfs » et si vous vous dites qu’après ces mois de COVID vous n’êtes pas si sûr de votre capacité à être patient.e.s, à être zen, à construire lentement, alors faites une autre recette ! Nous avions fait les petites maisons pour la première fois l’année dernière lors du séjour traditionnel chez ma mère en Italie. Le résultat a été le classique « Pinterest expectation vs reality » que vous postez ensuite sur des groupes comme cucinaremale (un fantastique groupe Facebook qui se moque avec un esprit plutôt bon enfant des tentatives des cuisiniers amateurs d’imiter les grands cuisiniers, sur lequel j’ai posté à plusieurs reprises mes catastrophes avec beaucoup de rires). La maison de l’année dernière, réalisée à partir d’un tutoriel trouvé sur Pinterest dans lequel elle ressemblait à une petite maison et se revelait être plutôt un immeuble, était classée dans la catégorie  » tente mais échoue » et ressemblait au taudis de Charlie et la Chocolaterie. Je m’étais juré « plus jamais la maison de Noël », mais ici, quand les choses sont faites, elles font partie de la tradition familiale. Cette année, mes filles m’ont regardé avec des yeux de Bambi et nous sommes parties pour l’aventure « maison de Noel ». Moi de mon côté, après l’expérience de l’année passée, je me suis limité à la production des bases et à fournir aux filles le fantastique rouleau à pâtisserie Joseph Joseph super tendance avec épaisseur de la pâte 3 mm, un accessoire coûteux acheté dans un moment d’euphorie culinaire et utilisé peut être une ou deux fois, avec lequel on ne peut pas se tromper sur la hauteur de la pâte. J’ai donné un coup de main à la cuisine, réussissant quand même à brûler la première fournée de pain d’épices, puis j’ai abandonné à leur sort les maisons et les filles, l’aînée en particulier, ainsi qu’un beau sac à poche jamais utilisé et acheté chez IKEA. Et quand je suis revenue, ces petits chefs-d’œuvre étaient disposés dans un village, tous différents, tous avec leur propre neige, glace, bonhomme de neige, chemin, fenêtres, etc. et j’ai eu l’impression qu’une atmosphère de Noël envahissait la maison (et j’étais aussi très soulagé d’avoir, cette année, échappé à la construction en pouvant quand même bénéficier des résultats, les maisons sont une tuerie!!!!)

Bonhomme de neige un peu étonné 🙂

Ingrédients (pour nous 5 petites maisons pour faire les bases il faut refaire une autre pâte. Donc prévoyez le double de ces ingrédients si vous voulez faire un village, pour une maison individuelle les ingrédients sont impeccables, même pour réaliser des petits bonhommes ou des arbres)

  • 25 grammes de beurre
  • 100 grammes de sucre
  • 50 grammes de sucre brun
  • 150 grammes de miel d’acacia
  • zestes d’une orange bio
  • 1 œuf
  • 420 grammes de farine
  • 1 cuillère à café de gingembre
  • 2 cuillères à café de cannelle
  • 1/4 de cuillère à café de noix de muscade
  • 1/2 cuillère à café de bicarbonate de soude
  • 1 pincée de sel

Glaçage et déco
 2 blancs d’œufs
 320 gr de sucre glace, pâte d’amande aux colorants naturels, Smarties, petites boules en sucre etc

  1. Jour -1 au matin. Faire la pâte à pain d’épices. Dans un bol mettre la farine bien tamisée avec le sel, le bicarbonate, les épices, les zestes d’orange et le beurre et briser avec la pointe des doigts. 
  2. Dans un autre bol mélanger sans monter l’œuf, les sucres et le miel. Verser cela dans le bol avec le mélange de farine et beurre et travailler en vitesse jusqu’à obtention d’une boule lisse. Envelopper d’un film en plastique et réserver 40 minutes au frigo
  3. Allumer le four 170°. Baisser la boule sur une hauteur de 3 millimètres (ne faites pas les morceaux de la maison plus fins, si non ils vont se casser!!). A l’aide d’un tuteur coupez la pâte dans les morceaux des petites maisons. (deux toits, deux murs avec fenêtrés, deux entre et derrière pour chaque petite maison. Nous en avons réalisés 5 et j’ai du refaire, avec cette même recette, une autre fournée car nous avions oublié les bases) – Avec les restes de pâte vous pouvez faire des arbres, des étoiles, des bonhommes etc.
  4. Cuire les morceaux de biscuit environ 15 minutes en surveillant bien la cuisson. Ils doivent sortir encore légèrement souples, ils vont se solidifier en se refroidissant.
  5. Jour -1 après midi. Quand les biscuits se sont bien refroidis, produire le glaçage en battant les blancs d’œufs en neige et en rajoutant le sucre glace par petites quantités jusqu’à obtenir une crème lisse et qui se tient bien. Remplir la poche à douille avec un petit trou avec cette crème et décorer les morceaux de maison en dessinant la neige sur les toits, des glaçons aux fenêtres, collez des Smarties ou des bonbons etc. Laisser bien solidifier les déco pendant toute la nuit.
  6. Jour 1 matin. Monter les maisons. Avec le glaçage qui reste et que vous aurez gardé au frigo, passer avec la poche à douille sur les extrémités des biscuits et les souder entre elles. En dernier monter les toits. Si votre glaçage est suffisamment dur et que vous tenez quelques minutes les morceaux collés entre eux vous verrez qu’ils se soude assez vite et la maison devient assez robuste. 
  7. Finir les maisons en les soudant, toujours avec la poche à douille remplie de glaçage, avec leurs bases en biscuit. Fabriquer des décorations à l’aide de la pâte d’amande, des bonhommes de neige, des fleurs etc. 
  8. Voici la maison finie! Elle se garde quelques jours, dans du papier d’alu. 
Publié dans Dessert | Tagué , , , , | Laisser un commentaire