Tuc faits maison trop bons #Confinement 24

Quand je sors faire mes courses, dans cette atmosphère irréelle, je me sens très James Bond. J’ouvre la porte. Je regarde bien à droite, puis à gauche, qu’il n’y ait personne qui a la mauvaise idée de passer juste quand je passe la frontière entre mon refuge et le monde. Je referme la porte, en contrôlant une dernière fois d’avoir pris ma carte d’auto autorisation à la sortie. Je mets mon écharpe sur la figure, bien encastrée en dessous des lunettes (mais ce n’était pas interdit de cacher le visage? je me demande en passant…), et je me mets en chemin vers la soupirée farine – normalement j’arrive et je découvre que le dernier paquet vient de partir et que le prochain ravitaillement de l’étalage va se passer dans trois heures…pas grave, on fera autre chose.  En chemin, interdit de trainer sur son portable, de regarder le ciel, de se distraire en faisant du lêche vitrine, de toute façon les vitrines intéressantes sont vides – et je me demande aussi en passant comment les petits commerces vont faire…allons nous devenir une ville d’agences immobilières, de banques, de produits médicaux pour les seniors, de coiffeurs? Mais, justement, interdit de rêvasser, il faut bien être alerte, agente Bond! Mince il y a quelqu’un sur le trottoir…quelle trajectoire vat-il prendre?  Il vaut mieux que je me rabat toute sur ma droite, en risquant de me gratter sur le mur et de marcher sur les nombreuses caca de chien – nouveau coutume, on ne ramasse plus – ou bien, sur la gauche, en risquant de descendre du trottoir et de me prendre une voiture?  En très peux de secondes il faut construire la stratégie d’évitement, se rabattre dans la niche sur le mur d’une habitation, se cacher derrière une camionette,  calculer le sinus et cosinus avec des formules compliquées pour bien vérifier qu’il n’y a surtout pas d’impact, imaginer la fluorescence laissée par la respiration, la ligne imaginaire qui la délimite et passer à côté. Se mettre dans la queue à l’entrée du magasin, vérifier que devant, mais surtout derrière, la terrible Octopus ne soit pas trop proche, l’éloigner avec le gadget 007 Charrette des courses magique, rentrer dans le supermarché, slalomer, ne pas penser à ce film vu sur YouTube dans lequel il y a quelqu’un qui tousse, et ce qui sort de ses poumons est colorié en vert et on le voit traverser l’allée du supermarché jusqu’à arriver juste sur l’ignare personne de l’autre côté. Sortir, se nettoyer à la solution désinfectante après avoir touché la machine de la carte bancaire – mince je m’étais promise de ne pas dépasser les 30 euros pour pouvoir faire par contact – éviter la personne qu’on connait qu’on voit de l’autre côté de la rue car peut être elle ne respectera pas les distances si on lui dit bonjour et on s’arrête à parler. Et reprendre la route, toujours avec cette anxiété de pouvoir s’approcher trop…je me demande, après tous ces mois d’évitement de toute intimité, comment nos relations seront affectées…ce n’est pas seulement la distance physique, mais ce fait de considérer l’autre avant tout par ce filtre de l’infection, comme potentiellement virusseux, dangereux, à éviter…quelle empreinte va laisser et pour combien de temps dans nos relations? Pendant combien de temps je me sentirai telle que James Bond, vivante dans un monde de potentiels espions prêtes à me transmettre les virus duquel ils sont porteurs ?

Venons maintenant à la cuisine 🙂 car malgré le fait que mes ressources en farine diminuent le jour par le jour j’arrive encore à produire des choses et à garder mon dernier kilo pour nourrir mon levain Gino. Ca continue la série des produits industriels faits maison. J’ai réalisé ces Tucs, qui sont vraiment à tomber par terre, une délice absolue, pour accompagner un blanc léger et froid et se croire en vacances et fêter, avec gratitude, le fait qu’on est encore vivants et vivantes et que (peut-être) tout ira bien.

Ingrédients (une vingtaine de Tucs)

  • 150 grammes de farine (plus un peu pour la planche)
  • 45 grammes de beurre (plus 20 grammes fondus pour badigeonner les biscuits)
  • 20 grammes huile de tournesol
  • 5 grammes de levure chimique
  • 10 grammes de sucre
  • 1 pincée abondante de sel
  • 75 ml d’eau
  1. Passer au tamis la farine avec la levure et le sel. Unir le beurre et faire sabler.
  2. Ajouter le sucre, l’huile, l’eau et pétrir le minimum possible car le beurre ne doit pas se liquéfier (même procedure que quand vous faites la pâte sablée). Laisser reposer la boule 1/2 heure au frigidaire
  3. Allumer le four 200°
  4. A l’aide d’un rouleau à pâtisserie baisser la pâte sur une hauteur de 2 millimètres entre deux feuilles de papier sulfurisé. Avec une emporte pièce former les crackers en faisant des trous avec un cure dents
  5. Mettre la feuille sur une plaque allant au four et laisser cuire pendant 10 minutes
  6. A la sortie du four badigeonner de beurre fondu et parsemer de sel
  7. Laisser refroidir et resister à tous les manger avant de les servir.
Cet article, publié dans Apéro, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.