Mère italienne à la mer : Bonite (petit thon de St. Jean de Luz) à la luzienne

J’adore les vacances à St. Jean de Luz. Chaque année mon mari se moque de moi, parce qu’au début de notre relation, la seule idée d’aller à la mer sur l’Océan Atlantique me faisait frissonner.  Plusieurs fois  il m’avait invité à passer les vacances avec lui à St. Jean et moi je lui répondais, assez dédaigneuse,  « non merci». Une année les cousins de Matthieu se sont mariés à St. Jean et je l’ai accompagné.  Tout de suite mon « non merci » s’est transformé en amour total dès mon premier tour dans la petite ville,  au point que maintenant je cherche de passer le plus de temps que possible  dans les Pays Basques.

Je détestais la mer avec les vagues, je détestais la mer froide, je détestais  être en vacance avec la pluie et grosso modo j’aimais seulement la Méditerranée, pour être exacts l’Adriatique, du nord au talon de l’Italie, avec ses belles plages de sable, son eau à 28° à partir de juin jusqu’à fin septembre, peu profonde et rassurante…bon, parfois marron à cause du sable mais c’est le prix à payer pour le reste. Je me suis donc mise à aimer follement les Pays Basques. Et chose encore plus incroyable j’ai permis que mes filles y passent leurs vacances. Si je dis cela c’est parce que, pour une mère italienne, grandie sur la Riviera Romagnole (entre Cervia et Rimini juste pour être claire), ce n’est pas du tout évident de laisser ses filles passer les vacances aux Pays Basques…et voici les motivations. Numéro 1 :  la température de l’eau à la quelle on peut se baigner.  En Italie jamais j’aurais pensé de les laisser se baigner avec une eau à moins de 22/23 dégrée, mais vraiment minimum…à St. Jean c’est moi qui les appelle de la mer, à grande voix en leur disant « allez venez l’eau ce matin est chaude !! » (17 dégrées). Numéro 2. Les vagues. On entend une journée « à vagues » encore avant de l’avoir vue, parce que en arrivant à la plage il y a la suivante succession sonore : « ahhhhhhhhhhhhh, rumeur de ressac, ouiiiiiiiiiiiiiiiii » Je ne suis pas encore devenue une vraie maman-insouciante-de-la-plage-Basque, qui lit son livre pendant que les enfants sont roulés par les vagues mais moi aussi je fais des progrès. Les vagues qui pousseraient toute suite au drapeau rouge en Adriatique, aux Pays Basques sont classés « tiens ce matin la mer est calme ». Et bien, j’ai appris à laisser aller mes filles dans ces monstres de vagues et se baigner. Bien sur je ne les perds pas de vue un seul instant et dans moi je récite des mantras pour rester zen. Mais je fais des progrès, peut être dans 10 ou 20 ans moi aussi je lirais mon livre sur la plage. Numéro 3. Les trois heures après le repas. Toute maman élevée dans l’Adriatique sait qu’il ne faut jamais de chez jamais aller se baigner avant que 3 heures soient passées depuis le dernier repas, 3h30 pour la précision. Peu importe qu’on ait mangé seulement deux abricots, 3 heures dure la digestion, 3 heures il faut attendre pour se baigner. J’ai cherché longtemps d’appliquer cette règle (seule maman dans toute la plage Basque) et j’ai du me rendre à l’évidence que, malgré l’eau gelée et les petits déj très abondants à base de jambon de Bayonne, non, ce spectre de l’arrêt de la digestion a du être une invention rabat joie de quelqu’un qui a ruiné l’enfance maritime de toute une génération de petits italiens. Et qui encore continue. Mes filles maintenant sont les seules à se baigner à toutes les heures du jour, même en Riviera Adriatique, sous le regarde désapprobateur de la plupart des parents italiens, qui obligent encore leurs enfants à attendre l’heure canonique pour s’immerger.  La scène typique qui se passe sous le parasol en Italie c’est une de mes filles qui appelle une copine pour aller se baigner et la maman qui me regarde droit dans les yeux et répond « non Elisa ne viendra pas se baigner, elle a mangé sa glace à 11 heures » Numéro 4. Avec la pluie on ne va pas à la plage c’est la loi de l’Adriatique. Et ben c’est fini. Si on voulait respecter cette règle on passerait des semaines entières à se faire les vitrines de la rue Gambetta, les tapas bar de Fontarabie, les chocolatiers de Bayonne, la promenade à la Rhune, le musée de l’Océan de Biarritz…mais non, c’est des vacances à la mer et à la plage on sera, avec n’importe quel temps. Et donc on part le matin, éventuellement avec le ciré et les bottes de pluie, on commence à faire son château de sable et, dès qu’il y a un petit rayon de soleil qui fait face, plouf dans l’eau, de toute façon même s’il recommence à pleuvoir on sera déjà mouillés. Numéro 5. Et je sais que la je suis devenue vraiment mauvaise parce que on ne rigole pas avec cela. Mais au Pays Basques c’est fini ce que la plupart des parents font en Italie. Avec les enfants, surtout en bas d’age, la plage en Italie c’est de 8 à 11. A St. Jean j’y vais à 11 heures, plus tard parfois, parce que le matin j’aime faire le marché du poisson et de toute façon à la plage il n’y a personne sauf le tracteur qui aplati les dunes et  les curistes de l’hôtel thermal qui font leurs promenades dégonfle-jambes. Et j’y reste jusqu’à 13h30/14h00, dans la pire des heures possibles. Je ne sais pas comment j’ai pris ce rythme mais je n’arrive plus à le changer et je risque, quand je reviens en Italie, de nous faire brûler gravement parce que j’oublie qu’au Sud c’est du sérieux.

Bref voici quelques différences inter culturelles de la mère à la mer entre Italie et France…on pourrais aussi parler de marées, d’animation un poil obsédante, de Fonospiaggia et  « nous avons retrouvé un enfant de l’age de 4 ans, avec un slip bleu, il se trouve au Bagno Madera numéro 84 », de beccaccino et belote,  mais je vais réserver tout cela pour un autre billet, si non je ne vais pas vous raconter de cet exquis petit thon luzien…devant St. Jean les pécheurs partent avec leurs bateaux pour aller dans les eaux devant la ville et ils en rapportent ces délicieux petits thon, qui sont en plus très écologiquement corrects (voir ce lien pour plus d’infos). Cette année j’ai décidé que j’aurais essayé tous (presque) les différentes espèces de poisson présentes sur le banc du poissonnier et je suis devenue complètement accro de la bonite, qui est locale, qui n’est pas chère du tout (ici environ 8 euros le kilo), qui est presque sans arrêts et très flexible dans les préparations. Et quoi de mieux de préparer le poisson local avec une recette locale, en utilisant les piments verts doux de la région et  le piment d’Espelette pour la préparation « à la luzienne » (un nom, un programme…).

PS Bon 14 juillet, voila une autre chose de différent par rapport à l’Italie 😉

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Bonite (petit thon de St. Jean de Luz)  à la luzienne

Ingrédients (4 personnes)

  • 4 filets de bonite
  • 4 oignons rouges
  • 10 piments verts doux
  • 3 tomates
  • 1 cuillère à soupe de concentré de tomate
  • 5 gousses d’ail
  • huile d’olive vierge extra
  • 1 piment d’Espelette
  1. Épluchez, hachez les oignons et les gousses d’ail. Coupez les poivrons doux dans le sens de la longueur, épépinez-les. Taillez-les en lanières. Émondez les tomates, coupez-les en dés.
  2. Faites revenir dans un faitout avec 2 cuillerées à soupe d’huile d’olive les oignons, les gousses d’ail et les poivrons verts. Ajoutez le concentré de tomate. Laissez cuire 10 min.
  3. Dans une poêle, faites sauter les filets de bonite dans 2 cuillerées à soupe d’huile d’olive pendant quelques minutes.
  4. Mélangez le tout et laissez mijoter pendant 10 min. environ.
  5. Goûtez, rectifiez l’assaisonnement. Ajoutez le piment d’Espelette coupé finement et les dés de tomates.
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6 commentaires pour Mère italienne à la mer : Bonite (petit thon de St. Jean de Luz) à la luzienne

  1. BREANT annie dit :

    Bonjour Silvia, j’adore votre humour, j’adore vos billets. Je rentre de Biarritz….c’est le paradis sur terre….je vous comprends !!!!
    Lorsqu’on est un peu ronde les français disent que nous ressemblons à un thon …. J’étais donc un PETIT thon à Biarritz …. Pour être un tout « petit petit thon  » je me lancerais bien dans votre régime miracle …. mais je n’y comprends rien ….. Au secours ! Tres cordialement
    ANNIE

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    • silviagollini dit :

      Bonjour Annie vous êtes très gentille… mais alors on a été très voisines! quant à moi mon régime marche mais quand même je reste un…hum…gros thon sur la plage et pour être un thon il m’en manque…Je serais à bleau la deuxième partie du mois d’Août, qu’en dites-vous d’un apéro dînatoire au jardin pour que je vous raconte Pomroy? je vais vous écrire en message privé sur votre mail!!

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  2. Matthieu Daum dit :

    Moi j’aime le thon… ! 😊

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  3. domi dit :

    Silvia!! Faut que tu écrive un livre!! Moult bisous

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